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Les GINOUX des Cévennes

Dans les années 1100, deux nouvelles hérésies du catholicisme vont se partager les faveurs de revendications régionales : le valdéisme (parti de Lyon et qui se répand en Vivarais, en Cévennes et dans toute la Provence) et, bien entendu, le catharisme, davantage centré sur l’axe Carcassonne, Albi, Toulouse.

Pierre Valdès (né vers 1150), gros marchand lyonnais, tel Saint François d’Assise, se convertit soudainement, vend tous ses biens (si vis perfectus esse…) et part prêcher sur les routes. L’Eglise officielle voit cette démarche d’un très mauvais œil, d’autant que les disciples valdéistes, plus royalistes que le roi, accusent cette même Eglise et son clergé d’être un suppôt du diable, d’avoir totalement oublié la pauvreté évangélique et d’occulter les textes qui « gênent ». Or, comme « obedere opportet magis deo quam hominibus », les valdéistes prêchent un retour aux sources du christianisme et à l’Evangile en dehors de toute structure ecclésiastique. Pourchassés très vite de toutes parts, ils se cachent, notamment en Piémont et dans les vallées cévenoles où ils vont ensemencer le terrain de la future Réforme, bien proche dans ses prémices du valdéisme.

Si l’on considère que le nom de famille GINOUX (ou GINHOUX ou GIGNOUX) provient d’un même groupe familial,  deux hypothèses s’offrent à nous à l’aide des éléments en notre possession.

Première hypothèse : les GINOUX, pauvres de Lyon, exerçant la religion vaudoise se sont séparés vers les années 1200 une famille se fixant dans le Piémont (la vallée du Pellice), une autre dans les Cévennes (à Vézénobres).

Seconde hypothèse : après avoir émigré au Piémont, une des familles est venue à Vézénobres dans les Cévennes au cours des années 1300.

Dans les documents numérisés issus des différentes familles nobles et des notaires, la première trace dans les Cévennes se situe en 1377 dans la description de terres à Vézénobres côtoyant celles de Guillaume GINOUX et celle de Raimond GINOUX. Cela indique une installation déjà bien avancée.

Sources les fonds Chassin du Guerny sur GENEAWIKI

Lieux de vie des GINOUX des Cévennes (agrandir la carte France, côté Cévennes, petits bonshommes couleur violet)

Les Cévennes, un cluster de GINOUX

En l’espace d’une centaine d’année, une dizaine de lieux sont déjà investis par les GINOUX dans les Cévennes : 

  • Mercoirol, commune de Saint Florent sur Auzonet
  • La Lèche, commune de Saint Julien des Points
  • Portes où se situe le fameux château en forme de proue de navire
  • Aubarine entre les Communes de Rochegude et de Rivières
  • Le mas d’Aleyrargues à Barjac
  • le mas du Bouc et de Reignery, commune de Saint Germain sur Cèze et tout près de Saint Ambroix
  • Alès et tout près Larnac et La Bedosse
  • Vézénobres
  • Sabran
  • Bagnols sur Cèze

Tous ces lieux vont être occupés par des GINOUX plusieurs centaines d’année durant, voire jusqu’à nos jours. 

Une centaine d’années plus tard, ce sont plus de cinquante lieux occupés par des GINOUX dont les dix premiers lieux ci-dessus. Et ne sont pas inclus, les lieux plus lointain occupés par certains d’entre eux comme celui qui s’est installé dans les Baronnies provençales, à Mollans sur Ouvèze ou à Chateaurenard dans les Bouches du Rhône et certainement d’autres à découvrir…

Ci-dessous extraits de la carte de Cassini (années 1700 à 1790) et repères des lieux occupés par des GINOUX entre 1377 et 1499.

Les premiers GINOUX des Cévennes

Il semble qu’un père et sa famille notamment composée de plusieurs fils sont arrivés dans les Cévennes, probablement à Vézénobre vers les années 1350, bien avant la grande émigration des Vaudois du Piémont, côté Italien. Vézénobre se situe sur une route très fréquentée à cette époque, le chemin de Régordane reliant Le Puy en Velay à l’abbatiale de Saint Gilles du Gard.

Le père se nommait Bernard GINOUX. Ses fils :

  • Guillaume et Raymond possédant des terres à Vézénobre (1377)
  • André installé à Mercoirol , commune de Saint Florent sur Auzonet. Il marie sa fille Jeanne en 1402 avec Bernard COTELIER du village de Portes.
  • Pierre installé à Aubarine, entre les communes de Rochegude et de Rivières
  • Jean, peut-être le plus jeune fils qui va devenir notaire, puis seigneur du Bouc et de Reignery. Il va s’installer dans plusieurs lieux. Partant de Mercoirol, ils s’installent à La Lèche, commune de Saint Julien des Points, puis près de Saint Ambroix au mas du Bouc et à Reignery tout proche, ainsi qu’à Aubarines entre Rochegude et Rivières.

C’est Jean qui semble avoir eu de nombreux enfants avec plusieurs femmes dans plusieurs lieux. La légende indique une vingtaine d’enfants. Il décède vers 1466.

Ci-dessous les enfants présumés de Jean par lieu (nous détaillerons, quand cela est envisageable, la vie de chacun des enfants)  :

Aubarines

  • Georges, devient notaire d’Alès dès 1460, se marie avec Gilette de Monteils et sera coseigneur de Larnac et La Bedosse près d’Alès et garde sel de la ville d’Alès. Il décède vers 1514 sans descendance. Sa femme continue de gérer ses biens et ceux de sa nièce jusqu’à son décès. Les biens resteront aux de Monteils.
  • Guillaume
  • Raimond
  • Vincente se marie en 1466 avec Raimond PORTAL et va vivre chez son mari au village de Sabran proche de Barjols. Elle aura 3 filles et 5 fils.
  • Pierre, cardeur à Alès, fait son testament avant de se rendre à Saint Jacques de Compostelle en 1500. Il lègue ses biens à sa femme Claude BORNE et à son frère Guillaume.
  • Guirand
  • Louis
  • Martin
  • Simon
  • François

Saint Ambroix

  • Antoine
  • Jean

La Lèche

  • Jacques
  • Jaumette
  • Etienne , marié à Charlotte N. Il s’installe à Saint Jean de Valériscle et en devient le baille. Plus tard, il devient baille de Saint Ambroix. Il décède vers 1549. Il a plusieurs enfants dont
    • Anthonie, mariée à Claude REY couturier à Grézac à une lieue du Puy en Velay
    • Gabrielle, mariée à Jean FESTE chapelier de Nîmes
    • Antoine
    • Claude, chirurgien, ce doit-être celui qui s’est installé à Mollans sur Ouvèze dans la Drôme
    • Marguerite, mariée à Jean BRETON de la Lèche
    • Thibault, marié à Isabelle d’Aghulac avec au moins 9 enfants
  • Barthélémy

Bagnols

  • André

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