Accès à l’Histoire de La Roque d’Anthéron 2 (de la Restauration à l’après guerres, à partir de 1815)
Table des matières
L'histoire de la Roque d'Anthéron
La conférence du 11 octobre 2025
L’histoire du village de La Roque d’Anthéron de 1514 à 1818 a été présentée sous forme de conférence le 11 octobre 2025 à l’auditorium de la médiathèque de ce village. Vous trouverez ci-après la page de cette conférence découpée sous forme de film comprenant le fichier audio et les images des diapositives présentées :
- présentation de la conférence
- avant le village
- période de 1514 à 1610
- période de 1610 à 1710
- période de 1714 à 1818
- bibliographie
Moyen Âge (987-1498)
1175 à 1230 - Construction de l'abbaye de Silvacane
L’Abbaye de Silvacane, construite entre 1175 et 1230 était habitée par des moines cisterciens. Cependant les intempéries, la peste, les épidémies décimèrent les villages alentour, sans oublier les soldats sans emplois qui, dès 1356 envahirent la Provence et firent régner la terreur. La région se vide.
Vers 1175, Pierre Valdo, riche marchand lyonnais fait voeux de pauvreté et part prêcher. Le mouvement qu’il entraine s’étend en Suisse, dans les Alpes, le Piémont et dans la vallée du Rhône. ses disciples se nomment les Vaudois.
1444 - L'abbaye de Silvacane devient propriété du Chapitre d'Aix
Devenue trop importante en privilèges, possessions et prestige , l’abbaye de Silvacane suscite de nombreuses convoitises. Au milieu du XIVème siècle, l’abbaye est pillée par des brigands. Les moines n’arrivent plus à faire face aux charges fiscales et aux réparations des dégâts de pillages. L’abbaye tombe en ruines. Pour survivre les moines vendent certains de leurs biens. Réduite à la portion congrue avec un moine, un serviteur et un abbé, Silvacane devient la propriété du Chapitre d’Aix.
Ancien Régime (1498-1788)
Règne de François 1er (1515-1547)
1513-1521 - La naissance du village de La Roque d'Anthéron
Compte tenu de la chute démographique liée aux guerres, aux épidémies et aux difficiles conditions climatiques, les propriétaires des terres, le Chapitre d’Aix et le seigneur local, Jean de FORBIN de JANSON, font appel à des colons. En effet, avant eux, le seigneur François de Bouliers, possédant de nombreuses terres sur les deux versants du Lubéron, avait fait venir du Piémont (sa région d’origine), des familles vaudoises. Après leur développement économique et démographique, ces familles avaient besoin d’autres terres pour continuer à vivre dignement.
Le 20 février 1513, le Chapitre de Saint Sauveur signe une convention avec trois représentants de familles de Cabrières d’Aigues. Ces représentants s’engagent à y habiter et à cultiver la terre des moines moyennant un impôt. L’abbaye de Silvacane est leur paroisse.
Le 24 novembre 1514, c’est au tour de Jean de FORBIN de JANSON et Antoinette de La TERRE d’accueillir des colons. Jean de FORBIN signa un acte d’habitation en son château de Janson en faveur de 70 familles venues de Cabrières d’Aigues, de Lourmarin, de La Motte d’Aigues et quelques unes de Lambesc et Villelaure. L’acte d’habitation liste les contreparties dues au seigneur.
Un partage des terres est effectué et les colons construisent des habitations et plantent des vignes et des arbres fruitiers. Pour les habitations un découpage géométrique est utilisé. Le village est bâti autour d’une place centrale avec une fontaine et un four (aujourd’hui, place Paul Cézanne). Il est traversé du sud au nord par 4 rues parallèles et également larges, elles-mêmes entrecoupées de transversales.
Des catholiques et des vaudois
A l’extrémité de la seconde rue (aujourd’hui, rue de l’église), les habitants de confession catholique construisent une chapelle, Notre Dame du Rosaire.
À la différence des catholiques, les vaudois ne comptent pas de prêtres dans leurs rangs : seulement des « barbes », sortes de pasteurs qui, après trois ans d’apprentissage des textes et de visites auprès de « barbes » plus anciens confessent et président des cérémonies. Les vaudois n’ont pas besoin d’église. Le culte se pratique chez l’habitant. Les aspects principaux de cette religion sont les suivants :
- L’Écriture est la seule règle de la foi et des cœurs.
- Tout homme et toute femme initié à la connaissance de l’Écriture peut prêcher.
- Il est bon que le culte soit fait en langue populaire et que chacun use de la Bible.
- La foi est un don de Dieu. Elle comprend l’amour du Seigneur et l’obéissance à ses commandements.
- La messe du culte romain ne vaut rien.
- Les indulgences ne valent rien. Le purgatoire est une fable.
- Tout ce que l’on fait pour le salut des morts est inutile.
- Jésus est le seul intercesseur. La vénération des saints est une idolâtrie.
- Le clergé romain ayant perverti la doctrine et les sacrements des apôtres, et n’imitant pas leur exemple, n’a aucune autorité.
- Le baptême n’est qu’un signe de régénération. Celle-ci n’aura réellement lieu que lorsque l’enfant aura une foi véritable. Les seuls sacrements reconnus sont le baptême et la sainte Cène.
- Le mariage est dissous par l’adultère.
1532 - Synode vaudois de Chanforan
Le réformateur Guillaume Farel, venu de Gap, a eu au cours de ce synode une influence décisive: il emporte l’adhésion des assistants aux idées réformées, tout juste naissantes.
Le synode de Chanforan (Val d’Angrogne, Piémont italien) décide donc que le ministère itinérant des barbes est aboli. La plupart des barbes deviennent pasteurs. Les localités visitées deviennent des sièges d’Églises réformées.
1537 - François de FORBIN vend les droits du bac de Gontard
1540 - L'arrêté de Mérindol
En 1540, le roi, François 1er, ordonne au Parlement d’Aix en Provence de juger en première instance les hérétiques de Provence. Il demande au comte de Tende, gouverneur de la Provence en résidence à Toulon, de prêter main forte au Parlement de Provence. Ayant reçu la lettre patente du Roi, ce dernier met en oeuvre une procédure afin d’assumer cette nouvelle fonction.
Il commence à faire le point des procès antérieurs et en cours contre les hérétiques. En 1539, il fait arrêter le dénommé Jean SERRE, le boiteux de Murs, barbe vaudois avec un certain Antoine GARBILLE, prêtre. Jean SERRE dénonce tous ceux de Mérindol. Le Parlement de Provence, agissant dans l’urgence, choisit de s’occuper de Mérindol en premier lieu.
Dans l’impossibilité de capturer les suspects, il les condamne au bûcher. De plus il ordonne de démolir le village de Mérindol.
Pour des raisons d’opportunité, cet arrêté ne sera exécuté qu’en 1545. Voir la page de l’arrêté.
1545 - L'exécution de l'arrêté de Mérindol, ses exactions et ses arrestations
Le 5 mai de cette année 1545, il est procédé à l’exécution de l’arrêté dit de Mérindol et, à la demande du roi, de s’en prendre à tous les vaudois et luthériens des villages du Luberon et de ceux du sieur de Janson sur la rive gauche de la Durance (Saint Estève, Janson et La Roque d’Anthéron). Des commissaires sont nommés pour se rendre sur les lieux et avec l’aide de l’armée du roi, procéder aux arrestations.
Il commence leur exécution par Villelaure, La Roque, Janson et Cabrières d’Aigues. Mais les familles des habitants vaudois de ces lieux étaient partis avec leurs biens et s’étaient réunis avec ceux de Lourmarin et de Villelaure dans la montagne du Luberon. La troupe, alors brûle les maisons vides, notamment celles du hameau de Silvacane habité uniquement par des vaudois.
Puis ils se rendent à Mérindol vidé de ses habitants, ensuite vont à Cabrières d’Avignon où un véritable siège est mené se terminant par des tueries. Ils sont appelés à Lacoste où des soldats se livrent à des débordements incontrôlés sur les habitants, assassinats, viols, pillages. De nombreux prisonniers sont faits. Les biens des familles de prisonniers sont confisqués. Les tueries, vente de prisonniers aux capitaines de galère, vente d’enfants, vols et pillages se poursuivent sur plusieurs jours dans différents lieux.
De nombreuses femmes et des enfants errent sur les routes. Certains vaudois sont envoyés aux galères du roi à Marseille en attendant leurs procès, comme pour La Roque d’Anthéron : Claude ANEZIN, Antoine PORTE et Véran BARRET (ce dernier cherche à vendre tous ses biens par procuration pour être mis en liberté ; il se trouve sur la galère « La Comtesse »).
En 1555, un procès est mené au niveau du royaume contre des membres du parlement de Provence. La plaidoirie de Jacques AUBERY, avocat général, dénombre 3000 morts.
Règne de Henri II (1547-1559)
1555 - Hommage de Gaspard de FORBIN à Henri II
Le seigneur de La Roque demeure toujours au château de Janson dont les ruines sont encore présentes de nos jours.
1554-1559 - Creusement du canal de Craponne
Gentilhomme provençal et ingénieur, Adam de Craponne obtient le le droit de prendre l’eau dans la Durance pour la conduire jusqu’à Salon-de-Provence. Il commence les travaux la même année. Le canal part de la basse-Durance, près de La Roque-d’Anthéron, suit la vallée du côté sud pour franchir le « pertuis de Lamanon ». L’eau du canal alimente les fontaines de Salon-de-Provence et fournit l’eau nécessaire à l’irrigation des sols arides de la Crau, au sud des Alpilles, avant d’atteindre l’étang de Berre en suivant un parcours très sinueux. L’eau arrive à Salon en 1559. Les premières années, le canal sert à faire fonctionner des moulins alimentant en force motrice des ateliers. Il sert progressivement puis exclusivement à l’irrigation. Le canal connaît un tel succès qu’il devient rapidement essentiel à l’économie locale, ce qui oblige Craponne à l’agrandir à plusieurs reprises. Voir la page Le canal de Craponne.
Règnes de François II, Charles IX et Henri III (1559 -1589)
1560 - Premier temple construit
Après le synode de Chanforan, les vaudois devenus protestants changent leur pratique de culte. Ils ont besoin d’un temple pour se réunir dans la prière. Ils en construisent un, discret, sorte de maison de village dans laquelle un escalier et des paliers mènent à une pièce de forme ovoïde où se réunissent les fidèles. Son intérieur est probablement semblable à celui du temple de Mandajors, près d’Alès (Gard), le plus petit temple de France. Il est envisageable que cette maison-temple existe encore de nos jours. En effet, l’arrêt du Conseil d’État du 4 mai 1663 diffèrent le jugement concernant l’exercice de la religion réformée à La Roque d’Anthéron. En 1662, le commissaire catholique de l’application de l’Édit de Nantes préconise d’utiliser le bâtiment à d’autres usages que cultuel. Aucun document n’ordonne la destruction du temple.
1586 - Noces d'Annibal de FORBIN de La ROQUE et de Camille de GRIMAUD
Règne de Henri IV (1589-1610)
1596 - Arrêts du Parlement de Provence
Interdiction est faite d’exercer une religion autre que celle catholique, apostolique et romaine.
1598 - Édit de Nantes
1598 - Construction du petit château par Annibal de FORBIN de La ROQUE
Ce petit château est construit au nord du village créé par les premiers colons de 1513.
1600 - Les premiers commissaires pour l'exécution de l'Édit de Nantes sont nommés
1600 - Arrivée des VILLEVIEILLE au village
Une ou deux familles catholiques de VILLEVIEILLE originaires des communes de Clumanc, Tartonne et Lambruisse (Alpes de Haute Provence) arrivent au village de la Roque d’Anthéron.
1607 - Nomination d'un curé à Sylvacane
Règne de Louis XIII (1610-1643)
1612 - Mort d'Annibal de FORBIN de La ROQUE après un duel à Aix en Provence
1615 - Construction de la chapelle du Saint Esprit, lieu d'inhumation d'Annibal de FORBIN de La ROQUE
1617 - Mariage de Jean Baptiste de FORBIN et Diane de SUMIANE
1621 - Jean Baptiste de FORBIN est nommé président aux enquêtes au Parlement de Provence (à Aix en Provence)
1624 - Jean Baptiste de FORBIN est nommé président de chambre au parlement de Provence
1627 - Règlement des élections de la communauté de La Roque
Les forains sont les propriétaires ne résidant pas sur le territoire de la communauté.
1629 - Accord entre les habitants de La Roque et Jean Baptiste de FORBIN sur les redevances appliquées au bétail, aux grains et aux olives
1631 - Arrêt de Conseil d'État sur la RPR
Interdiction aux ministres (pasteurs) de la RPR d’aller précher dans une commune autre que celle de sa résidence.
1640 - Arrivée des GINOUX à la bastide de Saint Anne
Une partie des GINOUX, la famille de Jacques GINOUX et Marie SALENC a quitté Lourmarin, important village vaudois. Ils sont nés à Lourmarin de religion Vaudoise probablement baptisés à Mérindol, Haut lieu de cette religion. Ils s’installent avec leurs enfants à La Roque dans la colline à la Bastide de Sainte Anne. Ce territoire appartient au seigneur de Tamarlet, François de Cadenet à l’époque.
1645 - Situation des habitants
Le seigneur de La Roque, Jean-Baptiste de FORBIN (marié à Diane de Simiane) et le curé de l’Abbaye de Silvacane ont encore besoin de paysans pour cultiver leurs terres. Ils acceptent toujours les Vaudois du Lubéron, réputés bons travailleurs. Jean-Baptiste FORBIN, président du Parlement d’Aix est favorable à une meilleure vie des habitants de La Roque pour ses propres intérêts. Au cours de cette période, les habitants procèdent, sous l’autorité de leurs consuls, à un très utile travail de partage des terres et d’élargissement des sentiers.
La paroisse est toujours celle de Silvacane. Les habitants de La Roque sont donc éloignés de leur église. Le seigneur demeure au nord du village dans un petit château dont la chapelle se situe près de l’emplacement de la nef de la future église. Le parc du château existe depuis 1620 après destruction du moulin utilisé par les habitants, destruction qui les a beaucoup contrarié.
Les Vaudois de La Roque, eux, dépendent du temple de Lourmarin.
Au niveau national et pour mettre un terme aux guerres de religion, c’est l’édit de Nantes signé par Henri IV en 1598 qui régit le protestantisme. Les protestants sont des sujets identiques aux autres mais ils doivent respecter les exigences catholiques (règles sur le mariage, payer la dîme, respecter les fêtes religieuses catholiques, etc.).
Règne de Louis XIV (1643-1715)
1643 - Mariage de Melchior de FORBIn et Françoise d'Oraison
Un contrat de mariage est passé entre les deux familles à Cadenet le 17 janvier 1643. Les mariés sont comblés par leurs parents respectifs. Mais, ils sont loin d’avoir toutes les sommes tout de suite. Certaines sont subordonnées au décès des parents.
1644-1646 - Insistance de Melchior de FORBIN pour être nommé président du parlement de Provence
1649 - Mort de Jean baptiste de FORBIN
Au mois de novembre 1649, Melchior de Forbin perdit son père ; il quitta alors le nom de Saint André pour prendre celui de la Roque. C’est même probablement vers cette époque qu’il céda la seigneurie de Saint André à sa sœur Julie, que l’on désigne en tout cas en 1660, puis en 1674, sous le nom de « la dame de Forbin Saint André ».
1650 - Arrivée des Pénitents blancs
Le seigneur de La Roque est maintenant le fils de Jean-Baptiste de FORBIN, Melchior. Il devient Marquis de La Roque. Il est marié à Françoise Armande d’Oraison. Il est un fervent catholique. Pour les habitants de La Roque, il fait venir des Pénitents blancs.
Ils construisent la chapelle Saint Joseph aujourd’hui propriété de la commune (le long de la rue de l’entraide, photo ci-dessous). Elle a été transformée et une pièce rajoutée où l’on remisait le corbillard et plus récemment la bibliothèque municipale. Derrière la chapelle, séparé par un chemin, se situait le cimetière des catholiques (retrouvé lors de la construction du foyer logement l’Oustaou). Les pénitents blancs étaient des laïcs (voir la page sur les pénitents blancs de Noyer sur Jabron).
Dans cette période, les interdictions faites aux protestants se multiplient. Les pasteurs ne doivent pas exercer dans les villes épiscopales et les seigneuries ecclésiastiques. Ils doivent prêcher uniquement dans les temples et enterrer les morts en dehors des cimetières catholiques.
1653 - Création du marquisat de La Roque
1662 - L'application de l'Édit de Nantes à La Roque
La commission pour l’exécution de l’Édit de Nantes chargée de la Provence, du Lyonnais et du Dauphiné nomme deux commissaires :
- François Bochart de Saron, dit de Champigny, intendant (Catholique)
- Charles d’Arbalestier, homme de guerre (réformé)
Les Syndics du Clergé émettent un certains nombres de requêtes. Ils sont soutenus par Messire Melchior de FORBIN, chevalier, conseiller de Sa Majesté en ses Conseils d’État et privé, président en la Cour de Parlement de Provence, seigneur de La Roque, ou les syndics et habitants faisant profession de la religion catholique apostolique et romaine de La Roque, ainsi que par les procureurs des gens des 3 états de Provence.
Les habitants de La Roque exerçant la RPR sont humblement représentés par messieurs Louis MEILHE, Daniel TERTIAN, Pierre RICHARD.
Après avoir entendu toutes les requêtes des différentes parties, chaque commissaire va donner son avis à chaque requête, puis un avis plus général. Voir la page « L’application de l’Édit de Nantes à La Roque d’Anthéron« .
1664 - Le Saint Patron de La Roque est Saint Louis
Louis XIV veut le catholicisme comme religion d’état. Il va donner l’ordre de pourchasser les protestants (ceux de la Religion Prétendue Réformée) trop nombreux dans le Royaume dont la présence devient insupportable pour les hauts dirigeants catholiques. Le Roi va augmenter les brimades et augmenter le harcèlement des protestants.
En Provence, un arrêt ordonne la démolition des temples de Lourmarin, Cabrières d’Aigues et son annexe de la Motte d’Aigues. A La Roque, il est interdit d’exercer cette religion. Le Saint patron de La Roque est choisi en 1664 : Saint Louis.
1667 - Fin de la construction du grand Château par Melchior de FORBIN de La Roque
1666 - Exemple de testament d'un rocassier vaudois
Pierre GINOUX est issue d’une famille de vaudois ayant immigré du Piémont à Lourmarin en 1488. Ses parents sont venus s’installer à La Roque d’Anthéron vers 1640. Voir son testament du 18 février 1666 dicté dans sa bastide de Gouiron à La Roque d’Anthéron.
1670 - La répression des vaudois s'amplifie
L’Etat français va utiliser la loi et l’argent pour convaincre les Vaudois d’abjurer. Il faut empêcher que cette religion se développe et même il faut faire en sorte qu’elle s’étouffe.
A la Roque, cohabitent en 1676, 450 catholiques et 500 protestants.
1672 - Mariage entre Claude MILAN de CORNILLON et Gabrielle de FORBIN de La ROQUE
1685 - Les abjurations des vaudois habitants La Roque
Depuis la révocation de l’Édit de Nantes, l’armée du roi Louis XIV, composée de nombreux dragons, circule en Provence. Elle se fait héberger dans des villages. Les habitants ont l’obligation du logement des gens de guerre. Ce sont les dragonnades. Les soldats commettent des exactions (ils volent, confisquent…). Les habitants en ont peur et ne souhaitent pas héberger ces dragons. Le pouvoir mise sur cette peur pour faire abjurer les Vaudois.
A La Roque, avant l’arrivée de la troupe, près de 500 Vaudois (soit à peu près la moitié de la population) devenus protestants abjurent le 21 octobre 1685 à Silvacane (l’église paroissiale) devant Melchior de FORBIN , marquis de La Roque, baron de Gontard.
« Abjuration de messieurs de la Relligion Préthandue Réformée de l’hérésie de Calvin, de ce lieu de la Roque d’Anthéron.
L’an 1685, et le 21e jour du moys d’octobre, jour du saint dimanche, advant midy.
Par-devant messeigneurs et messire Melchior de Forbin, seigneur marquis de la Roque, baron de Gontard, et messire Claude de Millan, seigneur de Cornillon et Confoux, son gendre, président à mortier du Parlement de ce pays de Prouvence, et de nous, notaire royal audict la Roque, soubsignés, et des tesmoings sy après nommés, constitués en leurs personnes : suis les noms des familles et leurs compositions ».
Les familles vaudoises de 1685 sont : APPY, ARNAUD, BELLETRAT, BERNARD, BONNET, CRESPIN, FRANC, GARCIN, GAUDIN, GAUTIER, GINOUX, GRANIER, JABOUIN, MEILLE, PALLENC, PASSET, PERIN, PHILIP, REY, REYBAUD, ROUSSIER, ROUX, SAMBUC.
Extraits de l’acte du notaire BONNET – sa transcription a été réalisée par Françoise APPY
1686 - Le père recteur du collège Bourbon vient instruire les nouveaux convertis à La Roque d'Anthéron
Le père recteur du collège Bourbon d’Aix en Provence vient à La Roque d’Anthéron avec un autre père pour prêcher, enseigner le catéchisme et confesser les nouveaux convertis. Melchior de FORBIN verse 100 livres pour cela. Il y viendra une fois par an et plusieurs années.
1687 - Les Vaudois fugitifs de La Roque passés en Suisse
La plupart des rocassiers de confession vaudoise ont abjuré de force en 1685 dans l’église de l’abbaye de Silvacane. Certain de ceux là et d’autres, refusant l’abjuration, décident de partir en exil. Faire ce choix est très douloureux, notamment de la part d’agriculteurs. C’est quitter sa terre, ses biens et le reste de sa famille. Placé dans une situation extrême, on ne fait un tel choix, que poussé par la certitude de ne pouvoir faire autrement. lire la page des Rocassiers au Refuge.
1688 - Arrivée des CHABAS à l'abbaye de Silvacane
A plus de 30 ans, André Pascal CHABAS originaire de Cavaillon (Comtat Venaissin appartenant au Pape, Vaucluse aujourd’hui) vient travailler comme jardinier à l’abbaye du Silvacane. Il se marie avec Marguerite BONTAN. Il démarre une longue lignée de CHABAS à La Roque.
1700 - Arrivée des FABRE au hameau de La Royère
Partis d’Entrepierres, près de Sisteron (Alpes de Haute Provence) en passant par Lambesc, les FABRE VERT se sont installés au domaine de La Royère dépendant de la paroisse de La Roque d’Anthéron. Le village de Charleval n’est pas encore créé (il le sera en 1741) ni la commune de Charleval (créée à la Révolution). Leurs enfants sont tous baptisés par le curé de La Roque d’Anthéron, leur paroisse. Les FABRE se stabilisent sur Charleval. Certaines familles vont naviguer entre La Barben et Rognes de par le métier de pégoulier des hommes (exploitant la résine des pins).
1709 - Mathias de FORBIN est nommé représentant du roi pour gouverner la Provence et y rendre justice
Régence (1715-1723)
1721 - La peste de Marseille a-t-elle eu des conséquences significatives à La Roque ?
La Roque d’Anthéron se situe sur une route de direction est-ouest. La peste de l’époque vient de Marseille et les personnes porteuses de la puce contaminée remontent vers le nord. Les axes fréquentés sont la route royale (actuelle RN7) passant par Lambesc et la route passant Aix en Provence, Pertuis pour traverser la Durance et se diriger vers Apt et les Alpes. La Roque est donc relativement épargnée. En relevant les décès des années 1720 à 1725, c’est en 1721 que l’on relève un seul décès suspecté de peste que l’on s’empresse d’inhumer dans la chapelle Sainte Anne éloignée du village. 1721 et 1722 sont deux années pendant lesquelles, les décès sont les moins nombreux (15 décès pour 36 décès en 1725).
Règne de Louis XV (1723-1774)
1724 - Le chirurgien de La Roque BERNARD témoigne des bienfaits de la poudre de Jean AILHAUD
Médecin, Jean AILHAUD est né à Lourmarin (Vaucluse) en 1674.Il exerçait à Cadenet (Vaucluse). Il est le découvreur d’une poudre purgative qui porte son nom et qui atteignit une renommée sans précédent en Provence et dans la France entière. Auteur de plusieurs traités, il mourut riche et honoré en 1756. Son fils, Jean-Gaspard AILHAUD de Castellet acheta une charge de secrétaire du roi et prit le titre de baron. Voir l’article de Géné Provence.
1741 - Des familles de La Roque passent à Charleval pour créer le village
César de Charleval, seigneur de Valbonnette concède des terres à des colons pour créer le village de Charleval. 52 rocassiers signent la transaction.
1742 - L'église du village est construite
Entre la chapelle du Rosaire des habitants et la chapelle du Saint Esprit du seigneur, Melchior de FORBIN construit une nef qui relie les deux chapelles. L’église de l’Annonciation de La Roque est fondée. Silvacane ne jouera plus le rôle de paroisse.
1753 - Arrivée des DEYME au Barcot, puis Gontard
Les DEYME sont originaires de Lambesc. Les premiers DEYME arrivés à La Roque étaient passés par La Barben et Pélissanne. Le père et son fils se mariant, le même jour, avec une mère et sa fille à La Roque d’Anthéron où les DEYME étaient récemment installés.
1775 - Réglementation de l'élevage des cochons
Révolution et Empire (1788-1814)
Révolution (1788-1804)
1793 - Le seigneur de La Roque d'Anthéron, Gaspard de FORBIN, guillotiné à Lyon
Afin de soutenir les royalistes lyonnais, Gaspard de FORBIN LA BARBEN se rend à Lyon avec son beau-frère Élzéard d’ARBAUD (le mari de la soeur de sa femme) et son fils Auguste. Ils participent à l’insurrection de 1793 pendant laquelle les girondins et les royalistes sont associés. Gaspard de FORBIN LA BARBEN et Élzéard d’ARBAUD sont guillotinés.
1799 - L'abbaye de Silvacane est vendue et devient une ferme
Bien du clergé, l’abbaye est vendue au plus offrant le 3 thermidor an 7 (21 juillet 1799). Une famille GARCIN est l’acquéreur. Les bâtilments et le cloître sont utilisés pour une exploitation agricole. L’église n’est pas utilisée. La famille Garcin est restée propriétaire jusqu’en 1949.
1800 -Arrivée des ROUX au village
La famille de Jean Véran ROUX et Vérane MICHEL arrivent de Cavaillon avec 5 enfants. Jean Véran est facturier.
Premier Empire (1804-1814)
1814 - Les grognards de La Roque
Les Grognards de La Roque sont au nombre de 10. Les premiers à rejoindre l’armée de Napoléon sont de la classe 1803, 1806 et 1807. Puis 6 de la classe 1812 et enfin un dernier de la classe 1815. Les noms de ces grognards : AUDIBERT, BONNARD, GINOUX (2), GUIRAND, GRAILLE, MAZET, PHILIP, ROUSSIER et VILLEVIEILLE. Voir « les grognards de La Roque« .
Restauration (1814-1830)
1815 - Un suicide au Castelas
L’an 1815 et le 31 juillet à onze heures du matin, nous maire officier de l’état civil de la commune de La Roque-d’Anthéron avons transcrit le procès-verbal dont la teneur suit : suite sur Géné Provence.
1818 - vente du château au Marquis de Cordoüe par le marquis de Forbin
La propriété comprend un parc de 365 platanes et des séquoias, des bassins, des eaux jaillissantes, des terrasses, des fontaines, des écuries et remises, une glacière, un moulin à farine dans le parc, un local auberge dans l’enceinte du village, une aire à fouler et 650 hectares de terres et d’iscles sur la Durance. La partie la plus ancienne consiste en un petit château accolé au grand château entouré de 4 tours d’angle. Entre les deux, se trouve la cour d’honneur. Le vendeur est Auguste de FORBIN, alors directeur des musées royaux. Il a besoin de cofinancer ses voyages culturels notamment au Levant.