Le site de la Communauté des Ginoux

Histoire de La Roque d’Anthéron 1

Table des matières

L'histoire de la Roque d'Anthéron

Moyen Âge (987-1498)

1175 à 1230 - Construction de l'abbaye de Silvacane

L’Abbaye de Silvacane, construite entre 1175 et 1230 était habitée par des moines cisterciens. Cependant les intempéries, la peste, les épidémies décimèrent les villages alentour, sans oublier les soldats sans emplois qui, dès 1356 envahirent la Provence et firent régner la terreur. La région se vide.

Vers 1175, Pierre Valdo, riche marchand lyonnais fait voeux de pauvreté et part prêcher. Le mouvement qu’il entraine s’étend en Suisse, dans les Alpes, le Piémont et dans la vallée du Rhône. ses disciples se nomment les Vaudois.

1444 - L'abbaye de Silvacane devient propriété du Chapitre d'Aix

Devenue trop importante en privilèges, possessions et prestige , l’abbaye de Silvacane suscite de nombreuses convoitises. Au milieu du XIVème siècle, l’abbaye est pillée par des brigands. Les moines n’arrivent plus à faire face aux charges fiscales et aux réparations des dégâts de pillages. L’abbaye tombe en ruines. Pour survivre les moines vendent certains de leurs biens. Réduite à la portion congrue avec un moine, un serviteur et un abbé, Silvacane devient la propriété du Chapitre d’Aix.

Ancien Régime (1498-1788)

Règne de François 1er (1515-1547)

1513-1521 - La naissance du village de La Roque d'Anthéron

Compte tenu de la chute démographique liée aux guerres, aux épidémies et aux difficiles conditions climatiques, les propriétaires des terres, le Chapitre d’Aix et le seigneur local, Jean de FORBIN de JANSON, font appel à des colons. En effet, avant eux, le seigneur François de Bouliers, possédant de nombreuses terres sur les deux versants du Lubéron, avait fait venir du Piémont (sa région d’origine), des familles vaudoises. Après leur développement économique et démographique, ces familles avaient besoin  d’autres terres pour continuer à vivre dignement.

Le 20 février 1513, le Chapitre de Saint Sauveur signe une convention avec trois représentants de 70 familles de Cabrières d’Aigues. Ces représentants s’engagent à cultiver la terre des moines moyennant un impôt. L’abbaye de Silvacane est leur parroisse.

Le 24 novembre 1514, c’est au tour de Jean de FORBIN de JANSON et Antoinette de La TERRE d’accueillir des colons. Jean de FORBIN signa un acte d’habitation en son château de Janson en faveur de familles venues de Cabrières d’Aygues, de Lourmarin, de La Motte d’Aygues et quelques unes de Lambesc et Villelaure.

Un partage des terres est effectué et les colons construisent des habitations et plantent des vignes et des arbres fruitiers. Pour les habitations un découpage géométrique est utilisé. Le village est bâti autour d’une place centrale avec une fontaine et un four. Il est traversé du sud au nord par 4 rues parallèles et également larges, elles-mêmes entrecoupées de transversales. A l’extrémité de la seconde rue, les habitants construisent une chapelle, Notre Dame du Rosaire.

1521 - Construction de la chapelle du Rosaire par les habitants catholiques
1522 - Utilisation de l'abbaye de Silvacane comme lieu de culte par les vaudois
1545 - Le hameau de Sylvacane brûlé par les troupes du seigneur Maynier d'Oppèdes

Règne de Henri II (1547-1559)

1555 - Hommage de Gaspard de FORBIN à Henri II

Le seigneur de La Roque demeure toujours au château de Janson dont les ruines sont encore présentes de nos jours.

Ruines du château de janson (Saint Estève Janson)
1554-1559 - Creusement du canal de Craponne

Gentilhomme provençal et ingénieur, Adam de Craponne obtient le  le droit de prendre l’eau dans la Durance pour la conduire jusqu’à Salon-de-Provence. Il commence les travaux la même année. Le canal part de la basse-Durance, près de La Roque-d’Anthéron, suit la vallée du côté sud pour franchir le « pertuis de Lamanon ». L’eau du canal alimente les fontaines de Salon-de-Provence et fournit l’eau nécessaire à l’irrigation des sols arides de la Crau, au sud des Alpilles, avant d’atteindre l’étang de Berre en suivant un parcours très sinueux. L’eau arrive à Salon en 1559. Les premières années, le canal sert à faire fonctionner des moulins alimentant en force motrice des ateliers. Il sert progressivement puis exclusivement à l’irrigation. Le canal connaît un tel succès qu’il devient rapidement essentiel à l’économie locale, ce qui oblige Craponne à l’agrandir à plusieurs reprises.

En savoir plus… grâce à au Contrat de canal Crau Sud Alpilles. 

Un article en ligne de Fred GUILLEDOUX : Adam de Craponne, le salonais qui a détourné la Durance.

Ce film de 12 « , produit par Provence TV, vous apprend toute l’histoire de ce canal. L’historienne Marylène SOMA BONFILLON intervient tout au long de ce documentaire. Son livre : Le Canal de Craponne – Un exemple de maîtrise de l’eau en Provence occidentale 1554-1954. Presses Universitaires de Provence 2007.

Règnes de François II, Charles IX et Henri III (1559 -1589)

1560 - Premier temple construit
1586 - Noces d'Annibal de FORBIN de La ROQUE et de Camille de GRIMAUD

Règne de Henri IV (1589-1610)

1596 - Arrêts du Parlement de Provence

Interdiction est faite d’exercer une religion autre que celle catholique, apostolique et romaine.

1598 - Édit de Nantes
1598 - Construction du petit château par Annibal de FORBIN de La ROQUE

Ce petit château est construit au nord du village  créé par les premiers colons de 1513.

1600 - Les premiers commissaires pour l'exécution de l'Édit de Nantes sont nommés
1607 - Nomination d'un curé à Sylvacane

Règne de Louis XIII (1610-1643)

1612 - Mort d'Annibal de FORBIN de La ROQUE après un duel à Aix en Provence
1615 - Construction de la chapelle du Saint Esprit, lieu d'inhumation d'Annibal de FORBIN de La ROQUE
1617 - Mariage de Jean Baptiste de FORBIN et Diane de SUMIANE
1631 - Arrêt de Conseil d'État sur la RPR

Interdiction aux ministres (pasteurs) de la RPR d’aller précher dans une commune autre que celle de sa résidence.

1640 - Arrivée des GINOUX à la bastide de Saint Anne

Une partie des GINOUX, la famille de Jacques GINOUX et Marie SALENC a quitté Lourmarin, important village vaudois. Ils sont nés à Lourmarin de religion Vaudoise probablement baptisés à Mérindol, Haut lieu de cette religion. Ils s’installent avec leurs enfants à La Roque dans la colline à la Bastide de Sainte Anne.

Le seigneur de La Roque, Jean-Baptiste de FORBIN (marié à Diane de Simiane) et le curé de l’Abbaye de Silvacane ont encore besoin de paysans pour cultiver leurs terres. Ils acceptent toujours les Vaudois du Lubéron, réputés bons travailleurs. Jean-Baptiste FORBIN, président du Parlement d’Aix est favorable à une meilleure vie des habitants de La Roque pour ses propres intérêts. Au cours de cette période, les habitants procèdent, sous l’autorité de leurs consuls, à un très utile travail de partage des terres et d’élargissement des sentiers.

La paroisse est toujours celle de Silvacane. Les habitants de La Roque sont donc éloignés de leur église. Le seigneur demeure au nord du village dans un petit château dont la chapelle se situe près de l’emplacement de la nef de la future église. Le parc du château existe depuis 1620 après destruction du moulin utilisé par les habitants, destruction qui les a beaucoup contrarié.

Les Vaudois de La Roque, eux, dépendent du temple de Lourmarin.

Au niveau national et pour mettre un terme aux guerres de religion, c’est l’édit de Nantes signé par Henri IV en 1598 qui régit le protestantisme. Les protestants sont des sujets identiques aux autres mais ils doivent respecter les exigences catholiques (règles sur le mariage, payer la dîme, respecter les fêtes religieuses catholiques, etc.).

Règne de Louis XIV (1643-1715)

1650 - Arrivée des Pénitents blancs

Le seigneur de La Roque est maintenant le fils de Jean-Baptiste de FORBIN, Melchior. Il devient Marquis de La Roque. Il est marié à Françoise Armande d’Oraison. Il est très catholique. Pour les habitants de La Roque, il fait venir des Pénitents blancs. Ils construisent la chapelle Saint Joseph. Nous ne connaissons pas son emplacement. Les pénitents blancs étaient des laïcs.

Dans cette période, les interdictions faites aux protestants se multiplient. Les pasteurs ne doivent pas exercer dans les villes épiscopales et les seigneuries ecclésiastiques. Ils doivent prêcher uniquement dans les temples et enterrer les morts en dehors des cimetières catholiques.

1662 - L'application de l'Édit de Nantes à La Roque

La commission pour l’exécution de l’Édit de Nantes chargée de la Provence, du Lyonnais et du Dauphiné nomme deux commissaires :

  • François Bochart de Saron, dit de Champigny, intendant (Catholique)
  • Charles d’Arbalestier, homme de guerre (réformé)

Les Syndics du Clergé émettent un certains nombres de requêtes. Ils sont soutenus par Messire Melchior de FORBIN,  chevalier, conseiller de Sa Majesté en ses Conseils d’État et privé, président en la Cour de Parlement de Provence, seigneur de La Roque, ou les syndics et habitants faisant profession de la religion catholique apostolique et romaine de La Roque, ainsi que par les procureurs des gens des 3 états de Provence.

Les habitants de La Roque exerçant la RPR sont humblement représentés par messieurs Louis MEILHE, Daniel TERTIAN, Pierre RICHARD. 

Après avoir entendu toutes les requêtes des différentes parties, chaque commissaire va donner son avis à chaque requête, puis un avis plus général. Voir la page « L’application de l’Édit de Nantes à La Roque d’Anthéron« .

1663 - Décision prise de la démolition du temple

L’arrêt du Conseil d’État du 4 mai 1663 ordonne la démolition du temple et l’interdiction de l’exercice du culte protestant à La Roque d’Anthéron.

1664 - Le Saint Patron de La Roque est Saint Louis

Louis XIV veut le catholicisme comme religion d’état. Il va donner l’ordre de pourchasser les protestants (ceux de la Religion Prétendue Réformée) trop nombreux dans le Royaume dont la présence devient insupportable pour les hauts dirigeants catholiques. Le Roi va augmenter les brimades et augmenter le harcèlement des protestants.

En Provence, un arrêt ordonne la démolition des temples de Lourmarin, Cabrières d’Aigues et son annexe de la Motte d’Aigues. A La Roque, il est interdit d’exercer cette religion. Le Saint patron de La Roque est choisi en 1664 : Saint Louis.

1667 - Fin de la construction du grand Château par Melchior de FORBIN de La Roque
1670 - La répression des vaudois s'amplifie

L’Etat français va utiliser la loi et l’argent pour convaincre les Vaudois d’abjurer. Il faut empêcher que cette religion se développe et même il faut faire en sorte qu’elle s’étouffe.

A la Roque, cohabitent en 1676, 450 catholiques et 500 protestants.

1672 - Mariage entre Claude MILAN de CORNILLON et Gabrielle de FORBIN de La ROQUE
1685 - Les abjurations des vaudois habitants La Roque

Depuis la révocation de l’Édit de Nantes, l’armée du roi Louis XIV, composée de nombreux dragons, circule en Provence. Elle se fait héberger dans des villages. Les habitants ont l’obligation du logement des gens de guerre. Ce sont les dragonnades. Les soldats commettent des exactions (ils volent, confisquent…). Les habitants en ont peur et ne souhaitent pas héberger ces dragons. Le pouvoir mise sur cette peur pour faire abjurer les Vaudois.

A La Roque, avant l’arrivée de la troupe, près de 500 Vaudois (soit à peu près la moitié de la population) devenus protestants abjurent le 21 octobre 1685 à Silvacane (l’église paroissiale) devant Melchior de FORBIN , marquis de La Roque, baron de Gontard.

« Abjuration de messieurs de la Relligion Préthandue Réformée de l’hérésie de Calvin, de ce lieu de la Roque d’Anthéron.

L’an 1685, et le 21e jour du moys d’octobre, jour du saint dimanche, advant midy.

Par-devant messeigneurs et messire Melchior de Forbin, seigneur marquis de la Roque, baron de Gontard, et messire Claude de Millan, seigneur de Cornillon et Confoux, son gendre, président à mortier du Parlement de ce pays de Prouvence, et de nous, notaire royal audict la Roque, soubsignés, et des tesmoings sy après nommés, constitués en leurs personnes : suis les noms des familles et leurs compositions ».

Les familles vaudoises de 1685 sont : APPY, ARNAUD, BELLETRAT, BERNARD, BONNET,  CRESPIN, FRANC, GARCIN, GAUDIN, GAUTIER, GINOUX, GRANIER, JABOUIN, MEILLE, PALLENC, PASSET, PERIN, PHILIP,  REY, REYBAUD, ROUSSIER, ROUX, SAMBUC.

Extraits de l’acte du notaire BONNET – sa transcription a été réalisée par Françoise APPY

1688 - Arrivée des CHABAS à l'abbaye de Silvacane

A plus de 30 ans, André Pascal CHABAS originaire de Cavaillon (Comtat Venaissin appartenant au Pape, Vaucluse aujourd’hui) vient travailler comme jardinier à l’abbaye du Silvacane. Il se marie avec Marguerite BONTAN. Il démarre une longue lignée de CHABAS à La Roque.

1700 - Arrivée des FABRE au hameau de La Royère

Partis d’Entrepierres, près de Sisteron (Alpes de Haute Provence) en passant par Lambesc, les FABRE VERT se sont installés au domaine de La Royère dépendant de la paroisse de La Roque d’Anthéron. Le village de Charleval n’est pas encore créé (il le sera en 1741) ni la commune de Charleval (créée à la Révolution). Malgré des enfants baptisés par le curé de La Roque d’Anthéron, Les FABRE se stabilisent sur Charleval. Certaines familles vont naviguer entre La Barben et Rognes de par le métier de pégoulier des hommes (exploitant la résine des pins).

Régence (1715-1723)

1721 - La peste de Marseille a-t-elle eu des conséquences significatives à La Roque ?

La Roque d’Anthéron se situe sur une route de direction est-ouest. La peste de l’époque vient de Marseille et les personnes porteuses de la puce contaminée remontent vers le nord. Les axes fréquentés sont la route royale (actuelle RN7) passant par Lambesc et la route passant Aix en Provence, Pertuis pour traverser la Durance et se diriger vers Apt et les Alpes. La Roque est donc relativement épargnée. En relevant les décès des années 1720 à 1725, c’est en 1721 que l’on relève un seul décès suspecté de peste que l’on s’empresse d’inhumer dans la chapelle Sainte Anne éloignée du village. 1721 et 1722 sont deux années pendant lesquelles, les décès sont les moins nombreux (15 décès pour 36 décès en 1725).

Règne de Louis XV (1723-1774)

1724 - Le chirurgien de La Roque BERNARD témoigne des bienfaits de la poudre de Jean AILHAUD

Médecin, Jean AILHAUD est né à Lourmarin (Vaucluse) en 1674.Il exerçait à Cadenet (Vaucluse). Il est le découvreur d’une poudre purgative qui porte son nom et qui atteignit une renommée sans précédent en Provence et dans la France entière. Auteur de plusieurs traités, il mourut riche et honoré en 1756. Son fils, Jean-Gaspard AILHAUD de Castellet acheta une charge de secrétaire du roi et prit le titre de baron. Voir l’article de Géné Provence.

1741 - Des familles de La Roque passent à Charleval pour créer le village

César de Charleval, seigneur de Valbonnette concède des terres à des colons pour créer le village de Charleval. 52 rocassiers signent la transaction.

1742 - L'église du village est construite

Entre la chapelle du Rosaire des habitants et la chapelle du Saint Esprit du seigneur, Melchior de FORBIN construit une nef qui relie les deux chapelles. L’église de l’Annonciation de La Roque est fondée. Silvacane ne jouera plus le rôle de paroisse.

1753 - Arrivée des DEYME au Barcot, puis Gontard

Les DEYME sont originaires de Lambesc. Les premiers DEYME arrivés à La Roque étaient passés par La Barben et Pélissanne. Le père et son fils se mariant, le même jour, avec une mère et sa fille à La Roque d’Anthéron où les DEYME étaient récemment installés.

Révolution et Empire (1788-1815)

Révolution (1788-1804)

1793 - Le seigneur de La Roque d'Anthéron, Gaspard de FORBIN, guillotiné à Lyon

Afin de soutenir les royalistes lyonnais, Gaspard de FORBIN LA BARBEN se rend à Lyon avec son beau-frère Élzéard d’ARBAUD (le mari de la soeur de sa femme) et son fils Auguste. Ils participent à l’insurrection de 1793 pendant laquelle les girondins et les royalistes sont associés. Gaspard de FORBIN LA BARBEN et Élzéard d’ARBAUD sont guillotinés.

1800 - L'abbaye de Silvacane est vendue et devient une ferme

Bien du clergé, l’abbaye est vendue au plus offrant le 3 thermidor an 7. Elle se vida de son contenu religieux pour devenir une simple ferme.

1800 -Arrivée des ROUX au village

La famille de Jean Véran ROUX et Vérane MICHEL arrivent de Cavaillon avec  5  enfants. Jean Véran est facturier.

Premier Empire (1804-1814)

1814 - Les grognards de La Roque

Les Grognards de La Roque sont au nombre de 10. Les premiers à rejoindre l’armée de Napoléon sont de la classe 1803, 1806 et 1807. Puis 6 de la classe 1812 et enfin un dernier de la classe 1815. Les noms de ces grognards : AUDIBERT, BONNARD, GINOUX (2), GUIRAND, GRAILLE, MAZET, PHILIP, ROUSSIER et VILLEVIEILLE. Voir « les grognards de La Roque« .

Vos commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x