Le site de la Communauté des Ginoux

La Roque d’Anthéron

Commune dans laquelle les familles GINOUX, FABRE, ROUX, DEYME, CHABAS,PIGNOLY, GUIEN, COUSTABEAU, MOULET et GROS se sont rejointes.

Vu l’importance de cette commune pour un grand nombre de familles décrites dans ce site internet, nous proposons de réaliser un essai sur l’Histoire de La Roque d’Anthéron et de ses habitants. Toute personne souhaitant apporter sa contribution par des anecdotes, photos, etc. peut se manifester par la page « contact« .

Nouvelle table des matières

Ancien régime (1498-1788)

La naissance du village de La Roque d’Anthéron (1513-1521)

Compte tenu de la chute démographique liée aux guerres, aux épidémies et aux difficiles conditions climatiques, les propriétaires des terres, le Chapitre d’Aix et le seigneur local, Jean de FORBIN, font appel à des colons. En effet, avant eux, le seigneur François de Bouliers, possédant de nombreuses terres sur les deux versants du Lubéron, avait fait venir du Piémont (sa région d’origine), des familles vaudoises. Après leur développement économique et démographique, ces familles avaient besoin  d’autres terres pour continuer à vivre dignement.

Le 20 février 1513, le Chapitre de Saint Sauveur signe une convention avec trois représentants de 70 familles de Cabrières d’Aigues. Ces représentants s’engagent à cultiver la terre des moines moyennant un impôt. L’abbaye de Silvacane est leur parroisse.

Le 24 novembre 1514, c’est au tour de Jean de Forbin d’accueillir des colons. Il signa un acte d’habitation en son château de Janson en faveur de familles venues de Cabrières d’Aygues, de Lourmarin, de La Motte d’Aygues et quelques unes de Lambesc et Villelaure.

Un partage des terres est effectué et les colons construisent des habitations et plantent des vignes et des arbres fruitiers. Pour les habitations un découpage géométrique est utilisé. Le village est bâti autour d’une place centrale avec une fontaine et un four. Il est traversé du sud au nord par 4 rues parallèles et également larges, elles-mêmes entrecoupées de transversales. A l’extrémité de la seconde rue, les habitants construisent une chapelle, Notre Dame du Rosaire.

Les abjurations des vaudois habitants La Roque (1685)

Depuis la révocation de l’Édit de Nantes, l’armée du roi Louis XIV, composée de nombreux dragons, circule en Provence. Elle se fait héberger dans des villages. Les habitants ont l’obligation du logement des gens de guerre. Ce sont les dragonnades. Les soldats commettent des exactions (ils volent, confisquent…). Les habitants en ont peur et ne souhaitent pas héberger ces dragons. Le pouvoir mise sur cette peur pour faire abjurer les Vaudois.

A La Roque, avant l’arrivée de la troupe, près de 500 Vaudois (soit à peu près la moitié de la population) devenus protestants abjurent le 21 octobre 1685 à Silvacane (l’église paroissiale) devant Melchior de FORBIN , marquis de La Roque, baron de Gontard.

« Abjuration de messieurs de la Relligion Préthandue Réformée de l’hérésie de Calvin, de ce lieu de la Roque d’Anthéron.

L’an 1685, et le 21e jour du moys d’octobre, jour du saint dimanche, advant midy.

Par-devant messeigneurs et messire Melchior de Forbin, seigneur marquis de la Roque, baron de Gontard, et messire Claude de Millan, seigneur de Cornillon et Confoux, son gendre, président à mortier du Parlement de ce pays de Prouvence, et de nous, notaire royal audict la Roque, soubsignés, et des tesmoings sy après nommés, constitués en leurs personnes : suis les noms des familles et leurs compositions ».

Les familles vaudoises de 1685 sont : APPY, ARNAUD, BELLETRAT, BERNARD, BONNET,  CRESPIN, FRANC, GARCIN, GAUDIN, GAUTIER, GINOUX, GRANIER, JABOUIN, MEILLE, PALLENC, PASSET, PERIN, PHILIP,  REY, REYBAUD, ROUSSIER, ROUX, SAMBUC.

Extraits de l’acte du notaire BONNET – sa transcription a été réalisée par Françoise APPY

XIXème siècle (1815-1914)

Restauration (1814-1830)

1818 - vente du château au Marquis de Cordoüe par le marquis de Forbin

La propriété comprend un parc de 365 platanes et des séquoias, des bassins, des eaux jaillissantes, des terrasses, des fontaines, des écuries et remises, une glacière, un moulin à farine dans le parc un local auberge dans l’enceinte du village, une aire à fouler et 650 hectares de terres er d’iscles sur la Durance. La partie la plus ancienne consiste en un petit château accolé au grand château entouré de 4 tours d’angle. Entre les deux, se trouve la cour d’honneur.  

1820 - Le marquis de Cordoüe donne le château à sa fille Jacquette Caroline pour son mariage avec le marquis de Florans

Le couple composé de François Marie de Florans Molières et de Jacquette Caroline de Cordoüe reste à Tain l’Hermitage dans l’hôtel de la famille de Cordoüe. Il se rend rarement au château de La Roque. Tous les enfants du couple naissent à Tain. Le dernier enfant Ludovic naît le 28 août 1836 à La Roque. C’est lui qui héritera du château. Après sa naissance la marquise vivra en permanence à Tain.

François Marie de Florans Molières hérite ,en 1823, du château de Bédoin (Vaucluse) qui avait appartenu à ses parents guillotinés lors de la Terreur sous la révolution.

Le site développé par Françoise COULOMB, Marquise de Florans nous guide parmi ces deux familles de Cordoüe et de Florans et décrit leurs patrimoines.

Monarchie de Juillet (1830-1847)

1834 - Le projet de canal de Marseille

C’est sous le règne du roi Louis-Philippe que le projet du canal de Marseille est conçu.

Jusqu’alors, la ville de Marseille est alimentée en eau par l’Huveaune et son affluent le Jarret et par près de 12 000 puits. Le Jarret et un ruisseau, celui des Aygalades sont de véritables égouts.Des inondations, une épidémie de choléra et une sécheresse sévère font germer un projet d’aménagement gigantesque. Il est envisagé de faire venir l’eau de la Durance pour alimenter en eau potable la ville de Marseille.

En 1834, le maire de Marseille Maximin Dominique CONSOLAT et son conseil décident la construction du canal « quoi qu’il advienne, quoi qu’il en coûte ». C’est donc la ville de Marseille qui en est propriétaire (le coût se montera à 29 500 000 fr.

Une enquête sur l’avant projet de ce canal étudié par Monsieur de MONTRICHER est menée du 6 décembre 1836 au 6 janvier 1837.

Le 13 octobre 1838, une équipe d’ingénieurs et d’agents des ponts et chaussées est autorisée à préparer les terrains sur lesquels va passer le canal. Les terrains étant mesurés et bien définis, un arrêté d’expropriation pour cause d’utilité publique de terres destinées au projet du canal de Marseille (27 janvier 1841) sur les territoires des communes d’Aix en Provence, Cabriès, Charleval, La Barben, Lambesc, La Roque d’Anthéron, Lançon et Ventabren. De nombreux propriétaires rocassiers sont impactés par ce projet. Les noms de famille concernés par les expropriations :

  • ANSELME
  • BARRET
  • BONNARD
  • BONNIFAY
  • BOURILLON
  • CORNILLON
  • CRESPIN
  • DELUY
  • DROMEL
  • EYSSAREL
  • FILHOL
  • FOUQUES
  • GARCIN
  • GARDIOL
  • GAUTIER
  • GRANON
  • GUIRAND
  • IMBERT
  • JACQUÈMES
  • JULIEN
  • LAMBERT
  • LATIL
  • LEYDET
  • MASSIE
  • MAZET
  • MERCURIN
  • MICHEL
  • MOUTON
  • PALLENC
  • PELISSIER
  • PELLEGRIN
  • PERRIN
  • PHILIP
  • REY
  • REYMOND
  • ROUSSIN
  • ROUVEL
  • SAMBUC
  • TERCIAN
  • VILLEVIEILLE

À La Roque d’Anthéron le canal est creusé et maçonné et un aqueduc est construit, celui de la Jacourelle . L’aqueduc comprend 9 arches de 6 mètres d’ouverture de plein cintre et possède une hauteur maximum de 21 mètres. Il est construit entre 1841 et 1842. Son coût sera de 75 657 francs et 83 centimes.

Sur environ 2500 ouvriers pour la totalité du chantier du canal, 250 étaient à La Roque d’Anthéron dont 60% d’origine française et 40% étrangère (principalement piémontaise). Les nombres d’ouvriers fluctuent de semaine en semaine.

Le canal de Marseille est mis en eau le 8 juillet 1849, lors de le deuxième république française.

Deuxième république (1848-1852)

Second empire (1852-1870)

1860 - Le marquis de Florans donne le château à son fils Ludovic pour son mariage avec Augusta Léontine de Mandat de Grancey

Mariés à Paris 8ème, le couple habite le Château de La Roque d’Anthéron. L’épouse est une cousine du marquis. leurs mères respective sont des de Cordoüe.  Augusta Léontine décède le 26 août 1867 au château.

Troisième république (1ère partie 1870-1914)

1872 - La crue de la Durance

Durant tout le XIXème siècle la Durance a souvent débordé sur les terres cultivées et les hameaux habités. Au recensement de cette année 1872, Les hameaux de la plaine, de Gontard (habité par les DEYME) et de Silvacane (habité par les CHABAS) ont dû être évacués. Les habitants des hameaux de la plaine ont été recueillis au hameau du Piquet probablement épargné par la crue (de 27 habitants en 1866, il passe à 169 habitants au recensement de mai 1872). Les habitants de Gontard et de Silvacane sont hébergés au bourg, notamment rue du temple. La vallée de Sainte Anne et les Trissonnes situés plus haut que le bourg  héberge peut-être des habitants d’une zone du bourg atteinte par la crue (de 35 habitants en 1866, les deux vallées passent à 65 habitants en 1872). Cette inondation de 1872 a dû fortement marquer la mémoire des Rocassiers.

Article de La République Française du 24 octobre 1872
1875 - Départ de 6 familles rocassières pour le Djendel, commune mixte de Jemmapes département de Constantine Algérie

Les familles PALENC, SALVAT, BERTRAND, MASSIE et DEYME décident de tenter leurs chances en Algérie. Lire l’histoire des futurs pieds-noirs de La Roque.

1876 - L'aménagement du bassin de Saint Christophe

En 1874, la commune de Rognes et le physiologiste Grimaud de Caux s’opposent au projet par crainte d’insalubrité prenant l’exemple du bassin de Réaltor. Malgré ces oppositions, un arrêté d’expropriation est publié le 21 mai 1876. La première pierre du bassin est posée le 23 juillet 1876. Le bassin va occuper 20 ha afin de clarifier l’eau du canal de Marseille à raison de 10 m3/seconde.

Explications techniques sur le fonctionnement de ce bassin de décantation sur le site lecanaldemarseille.fr

Sur le lieu d’aménagement nommé Pont sur la commune de La Roque, 85 personnes demeurent en 1876 :

  • Un négociant FERAUD et sa famille,
  • deux cafetiers, les BRUN et SAVOURNIN,
  • un boucher (famille FERAUD)
  • deux aubergistes (familles BLANC et CHANTECLERC) et leurs pensionnaires piémontais,
  • un cantonnier (famille GIRAUD)
  • un charretier (famille VIAL)
  • un cultivateur (famille CERRUTI)
  • des journaliers, probablement ouvriers du chantier

5 ans après , 59 personnes demeurent au Barcot. Mais ce ne sont plus les mêmes (hors le cultivateur), ni les mêmes métiers.

Une gare appelée Saint Christophe est construite sur la ligne de chemin de fer EYGUIÈRES-AIX qui passe par La Roque d’Anthéron et Meyrargues.

Du côté de la commune de Rognes, demeurent 163 personnes dont très peu de familles. la moitié sont des italiens et l’autre moitié des français venus d’autres départements.. Les métiers sont : mineurs, terrassiers, cantonniers.

1890 - L'arrivée du chemin de fer (ligne Eyguières - Meyrargues)

Une loi du 27 juillet 1886 a créée la ligne de chemin de fer d’intérêt local Eyguières Peyrolles gérée par La Société anonyme des chemins de fer régionaux des Bouches du Rhône. Une autre ligne a été créée de Meyrargues (commune située avant Peyrolles en venant d’Eyguières) à Draguignan (Var), gérée par La compagnie des chemins de fer du sud de la France.

Le bon sens du Conseil général des Bouches du Rhône a réduit la première ligne à Meyrargues par une loi présentée le 19 janvier 1891 à l’Assemblée nationale.

Entre temps, la ligne était déjà construite jusqu’à Meyrargues et fonctionnait au moins depuis  août 1890. La longueur de cette ligne est de 44,762 km. L’investissement est de 4 919 000 francs dont 66 100 fr d’aide de l’Etat. Les communes traversées sont :

  • Eyguières (gare)
  • Lamanon (gare)
  • Sénas
  • Alleins
  • Mallemort (gare)
  • Charleval (gare)
  • La Roque d’Anthéron (gare)
  • Rognes (gare au bassin de Saint Christophe)
  • Saint Estève Janson
  • Le Puy Saint Réparade (gare)
  • Meyrargues (gare)

une correspondance avec Aix en Provence permet de rejoindre aisément cette commune importante.

1909 - Tremblement de terre à La Roque

La Roque a été touchée par ce séisme mais avec des dégats matériels et aucune victime. Voir le tremblement de terre de Provence du 11 juin 1909.

Lire le témoignage du châtelain de La Roque d’Anthéron sur GENEPROVENCE. C’est le marquis Emmanuel François de Florans fils aîné de Ludovic de Florans. Emmanuel mourra 7 ans après sur un champ de bataille de la première guerre mondiale.

XXème siècle (1914-1990)

Première Guerre mondiale (1914-1918)

Entre deux guerres

1920 - Un film tourné dans le parc du Château - Miarka, la fille à l'ourse

Un fim (à l’époque du muet) a été tourné dans le parc du château à La Roque d’Anthéron en 1920 : Miarka, la fille à l’ourse.

Miarka, la fille à l’ourse est un film français muet réalisé par le suisse Louis Mercanton en 1920, d’après le roman et la pièce de théâtre de Jean Richepin.

C’est le dernier film dans lequel joua l’actrice Réjane, elle avait alors 63 ans et mourut quelques semaines plus tard.

C’est également dans ce film (où jouent aussi Charles Vanel et Ivor Novello) que débuta l’acteur Jean Mercanton (le fils de Louis Mercanton), alors âgé seulement de quelques semaines (né le 17 mai 1920 à La Roque d’Anthéron).

Résumé : « Miarka, la petite-fille de Romany Kate, doit, selon sa grand-mère, épouser un chef gitan dont on ignore où il se trouve. Romany Kate, Miarka et son ours apprivoisé, vivent sur le domaine d’un vieux monsieur qui tolère Kate en raison de son intérêt pour les gitans, et plus particulièrement parce qu’il possède un document gitan qu’il ne peut déchiffrer. Un jardinier, amoureux de Miarka, vole le maître et met le feu à la maison, faisant croire que Kate est la coupable. Elle est condamnée mais plus tard, l’ours de compagnie de Miarka tue le jardinier qui avoue son crime avant de mourir. Kate, réalisant que Miarka est amoureuse du neveu du maître, Ivor, l’emmène. Plus tard, le maître dit à Ivor qu’il n’est pas son neveu mais qu’il a été trouvé à la porte lorsqu’il était bébé. Le document est déchiffré par Kate et révèle qu’Ivor est le chef que Miarka était destinée à épouser ».

Ce scénario sera repris dans un film sonorisé réalisé par le suisse Jean CHOUX en 1937 avec l’actrice Rama-Tahé.

Affiche de 1920 pour la version anglaise
Affiche de 1937 - réalisateur Jean CHOUX
De gauche à droite : Charles Vanel (Mario, le garde-chasse), Jean Richepin (le châtelain), Desdemona Mazza (Miarka)
Charles Vanel
Desdemona MAZZA
Ivor Novello
Gabrielle Réjane
1936 - Les femmes de La Roque à l'Ermitage de Saint Gens au Beaucet (Vaucluse)

Des femmes de La Roque sont-elles venues prier Saint Gens dans son ermitage au Beaucet (Vaucluse) le 5 septembre 1936  pour évoquer la pluie dans une période de grande sécheresse ?

1937 - Faute d'héritier, le château est légué à l'Archevêché d'Aix en Provence

La Marquise Marie de Florans dite Florette (la dernière du nom et fille de Ludovic de Florans) décède dans son château à Aurons (Bouches du Rhône) et lègue le château de La Roque d’Anthéron à l’archevéché d’Aix en Provence.

La seconde guerre mondiale (1939-1945)

Table des matières provisoire

Ci-dessous, Curieuse vidéo voulant montrer le patrimoine et les activités possibles à La Roque.

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