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Lettres de Vincent van Gogh à propos de ROULIN

Source

« Cette nouvelle édition novatrice de la correspondance complète de Van Gogh est le fruit de quinze années de recherches. Le Musée Van Gogh, chef de file mondial en matière de recherche sur l’artiste, conserve plus de 90 % des lettres qui nous sont parvenues. Il était donc naturel qu’il prenne l’initiative de réaliser une édition critique rendant accessible à tous ces documents fragiles, dans un format fidèle à leur contenu et à leur présentation d’origine. La réalisation d’une telle édition exige des méthodes et des compétences spécialisées ; c’est pourquoi, en 1993, le musée a fait appel à l’Institut Huygens de l’Académie royale néerlandaise des arts et des sciences, centre d’excellence national pour la recherche textuelle. L’expertise conjuguée de ces deux institutions a permis d’obtenir un résultat optimal, tant sur le plan de l’histoire de l’art que sur celui de la recherche. »

Le projet des Lettres de Vincent van Gogh

Musée van Gogh à Amsterdam

Les extraits de lettres concernant la famille ROULIN

Cette correspondance révèle une amitié rare, où l’art et la vie se répondent. Van Gogh trouve en Roulin un modèle humain et un soutien indéfectible, tandis que Roulin voit en Van Gogh un artiste génial et un ami précieux. Leurs lettres, complémentaires, montrent à quel point ils se comprennent, s’admirent et s’encouragent mutuellement.

Extrait de la lettre de Vincent à son frère Théo du 6 août 1888

Semaine dernière j’ai non seulement fait un mais même deux portraits de mon facteur, un mi corps avec mains & une tête grandeur nature.
Le bonhomme n’acceptant pas d’argent était plus cher mangeant, buvant avec moi et je lui donne en outre La Lanterne de Rochefort. Enfin voilà un mal faible et sans importance en comparaison de ce qu’il a fort bien posé cela, et que je compte aussi peindre son nouveau né sous peu. Car sa femme vient d’accoucher.

Extrait de la lettre de Vincent à son frère Théo du 4 janvier 1889

Mon cher frère
J’espère que Gauguin te rassurera complètement aussi un peu pour les affaires de la peinture.
Je compte bientot reprendre le travail.
La femme de ménage et mon ami Roulin avaient pris soin de la maison, avaient tout mis en bon ordre.
Quand je sortirai je pourrai reprendre mon petit chemin ici et bientôt la belle saison va venir et je recommencerai les vergers en fleurs.

Extrait de la lettre de Vincent à son frère Théo du 7 janvier 1889

Roulin a été excellent pour nous et j’ose croire que cela reste un ami solide dont j’aurai encore assez souvent besoin car il connait bien le pays.
Nous avons dîné ensemble aujourd’hui.

Extrait de la lettre de Vincent à son frère Théo du 17 janvier 1889

Roulin va à partir et cela déjà le 21, il va être employé à Marseille.
l’augmentation de salaire est minime et il va être obligé de quitter pour un temps sa femme et ses enfants qui ne pourront le suivre que beaucoup plus tard à cause de ce que les dépenses de toute une famille seraient plus lourdes à Marseille.
C’est un avancement pour lui mais c’est une consolation bien bien maigre que donne ainsi le gouvernement à un tel employé après tant d’années de travail.
Et au fond je crois qu’ils restent lui comme sa femme bien bien navrés. Roulin m’a bien souvent tenu compagnie pendant cette dernière semaine.

Extrait de la lettre de Vincent à son frère Théo du 19 janvier 1889

Roulin est sur le point de partir. Son salaire était ici de 135 francs par mois, élever 3 enfants avec ça et en vivre lui et sa femme ! ce que cela a été tu le conçois. Et ce n’est pas tout, l’augmentation c’est un remède pire que le mal même….. Quelles administrations.. et dans quel temps vivons nous. Moi j’ai rarement vu un homme de la trempe de Roulin , il y a en lui énormément de Socrate , posé comme un satyre ainsi que le disait Michelet… jusqu’à qu’au dernier jour un dieu s’y vit dont s’illumina le Parthénon etc. etc. Si Chatrian que tu as rencontré avait vu cet homme-là….

Extraits de la lettre de Vincent à son ami Gauguin du 21 janvier 1889

Roulin a eu son changement pour Marseille et vient de partir. C’était touchant de le voir les derniers jours avec la petite Marcelle lorsqu’il la faisait rire et sauter sur ses genoux.
Son changement nécessite sa séparation de sa famille, et que celui que simultanément vous et moi un soir avions surnommé « le passant » avait le cœur donc bien gros, ne vous etonnera pas. Ou moi aussi, témoin de ça et d’autres chôses navrantes.–
Sa voix en chantant pour son enfant prenait un timbre étrange où il y avait de la voix d’une berceuse ou d’une nourrice navrée et puis un autre son d’airain comme un clairon de France.–

Aujourd’hui j’ai recommencé la toile que j’avais peinte de Mme ROULIN, celle qui pour cause de mon accident était restée à l’état vague pour les mains. Comme arrangement de couleurs : les rouges allant jusqu’aux purs orangés, s’exaltant encore dans les chaises jusqu’aux chromes, passant dans les roses et se mariant aux verts olives et véronèse. Comme arrangement de couleurs impressionniste je n’ai jamais inventé mieux.

Extrait de la lettre de Vincent à son frère Théo du 22 janvier 1889

Hier Roulin est parti (naturellement ma dépêche d’hier était envoyée avant l’arrivée de ta lettre de ce matin). c’était touchant de le voir avec ses enfants le dernier jour, surtout avec la toute petite quand il la faisait rire et sauter sur ses genoux et chantait pour elle.
Ça avait un timbre étrangement pur et ému où il y avait à la fois pour mon oreille un doux et navré chant de nourrice et comme une lointaine résonnance du Clairon de la France de la révolution. Il n’était pourtant pas triste, au contraire, il avait mis son uniforme tout neuf qu’il avait reçu le jour même et tout le monde lui faisait fête.

Extraits de la lettre de Vincent à son frère Théo du 30 janvier 1889

Mon cher Théo,
tout en n’ayant rien de bien bien imprévu à te raconter j’y tiens néamoins à te faire savoir que lundi passé j’ai revu l’ami Roulin. Il y avait d’ailleurs un peu de quoi – la France toute entière ayant frémi. Certes à nos yeux à nous l’élection et ses résultats et ses représentants ne sont que symboles. Mais ce qui est une fois de plus prouvé c’est que les ambitions et gloires mondaines s’en vont – mais que jusqu’à présent le battement du cœur humain demeure le même et en rapport autant avec le passé de nos pères enterrés qu’avec la génération à venir.
J’ai eu ce matin une lettre bien amicale de Gauguin à laquelle sans tarder j’ai répondu. Lorsque Roulin est venu j’avais juste fini la répétition de mes tournesols et je lui ai montré les deux exemplaires de la Berceuse entre ces quatre bouquets-là.
Roulin te donne bien le bonjour.
Il avait assisté dimanche à Marseille à la manifestation de la foule à l’heure où le résultat des élections était télégraphié de Paris.
Marseille comme Paris a été ému jusqu’au fond des fonds des entrailles du peuple tout entier et taciturne. Eh bien qui est ce qui osera maintenant commander feu à n’importe quel canon, mitrailleuse ou fusil Lebel alors que tant de coeurs sont tout donnés d’avance pour servir de bouchons aux canons.–
D’autant plus que certes les victorieux politiques de ce grand jour d’aujourd’hui, Rochefort et Boulanger, d’un commun accord ambitionneront plutôt le cimetière que n’importe quel trône.–
Enfin telle était notre conception de l’événement non seulement de Roulin et de moi mais de bien d’autres. Nous étions bien émus quand même. Roulin me disait qu’il avait presque pleuré en voyant cette faute marseillaise silencieuse et qu’il n’était revenu à soi que lorsqu’en se retournant il voyait derrière lui de très vieux amis, qui hésitaient à le reconnaître, par un grand hasard. Alors ils ont été souper ensemble jusqu’à tard dans la nuit.
Tout en étant très fatigué il n’avait pas pu résister au désir de venir à Arles pour revoir sa famille et tombant presque de sommeil et tout pâle il est venu nous serrer la main. Je pouvais justement lui montrer les deux exemplaires du portrait de sa femme ce qui lui faisait plaisir.
A ce qu’on me raconte je me porte très visiblement mieux; Intérieurement j’ai le coeur un peu trop plein de tant d’émotions et espérances diverses car cela m’étonne de guérir.
Tout le monde ici est bon pour moi dans les voisins etc., bon et prévenant comme dans une patrie.
Je sais déjà que plusieurs personnes d’ici me demandaient des portraits s’ils osaient les demander. Roulin tout pauvre diable et petit employé qu’il est, étant très très apprécié ici, sur a su que j’avais fait toute sa famille.

Extrait de la lettre de Vincent à son frère Théo du 3 février 1889

J’ai fait la berceuse trois fois , ou M me Roulin étant le modèle et moi n’étant que le peintre je lui ai laissé choisir entre les trois, elle et son mari, seulement en conditionnant que de celle qu’elle prendrait j’en ferais encore une répétition pour moi actuellement je suis en train. 

Nous avons ici des journées de soleil et de vent, je me promène beaucoup pour prendre l’air. Jusqu’à présent je couche et je mange à l’hospice. Hier et aujourd’hui j’ai commencé à travailler. Lorsque Mme Roulin est partie elle aussi, pour aller vivre avec sa mère à la campagne provisoirement, alors elle a emporté la berceuse. J’en avais l’esquisse et deux répétitions, elle a eu bon oeil et a pris la meilleure, seulement je la refais dans ce moment et je ne veux pas que celle là soit inférieure.

Lettre de Joseph ROULIN à Vincent du 13 mai 1889

Marseille, le 13 mai 1889
Monsieur Vincent
Si j’ai tardé à vous écrire, je croyais pouvoir disposer de ma journée de repos pour aller vous voir ; comme ne je n’ai pu me rendre à Arles, je viens vous demander des nouvelles de votre santé, êtes vous bien restauré depuis notre dernière entrevue. Vous me paraissiez disposer à bien reprendre vos voyages, la campagne est belle, les modèles ne doivent pas vous manquer. Si vous me feriez l’honneur d’une réponse, vous me feriez un grand plaisir.
avez-vous reçu des nouvelles de votre frère. Pour quant à moi ma santé est très bonne. j’ai reçu une lettre de mon épouse qui me dit qu’elle va très bien ainsi que Marcelle, Armand et Camille. ils se joignent à moi pour vous présenter leur respect et désir
que ma lettre vous trouve en bonne santé. Si vous avez l’occasion de voir Mr et Mme Ginoux ainsi que les amis Mr et Mme Bressy, Péllissier et tous les amis qui s’intéressent à moi, faite leur bien des compliments ou dite le à Mr Ginoux qui le fera pour vous.
Recevez, Mon cher Monsieur Vincent, les salutations de celui qui se dit votre tout dévoué ami
Roulin, courrier Convoyeur
57, Rue Breteuil
chez M me Delpal
Marseille
(B. du Rhône)

Lettre de Joseph ROULIN à Vincent du 22 mai 1889

Marseille, le 22 mai 1889
Mon cher M. Vincent
J’arrive de Lambesc voir la famille. Je me déteste de vous dire que je les ai trouvé tous en bonne santé. mon épouse va très bien, Armand, notre forgeron, je me suis rendu compte par moi-même qu’il tapait dur sur le fer, ses patrons sont très contents de lui. Camille a fait sa première communion Dimanche dernier et je leur ai fait la surprise agréable d’arriver lundi soir à 6 heures. la belle Marcelle est toujours bien portante, elle a deux dents, c’est une petite extraordinaire, bien sage, elle a tout pour elle, seulement à mon arrivée elle n’a pas voulu me voir. il n’y a eu qu’à mon départ qu’elle m’a bien regardé et m’a un peu tiré la barbe. je suis très satisfait de mon voyage, il faut espérer qu’à la St Michel nous serons tous réunis à Marseille car j’ai loué un appartement pour cette époque. je suis arrivé mardi soir à minuit à Marseille. Ce matin mercredi à mon lever ma propriétaire m’a remis votre lettre, qu’elle m’a satisfait d’apprendre que de votre propre volonté vous aviez
quitté Arles pour aller à St Rémy. continuez vos tableaux, vous êtes dans un beau pays, la campagne est très belles, le sol est très bien travaillé, vous trouvez un grand changement dans la culture là-bas, vous ne trouvez pas des jardins qui ressemblent à un cimetière comme à Arles. continuez à vous bien soigner, suivez bien les bons conseils que vous donnera le bon Docteur qui est attaché à l’établissement. j’ai une grande confiance pour le rétablissement complet de votre santé, avec la bonne volonté que vous avez, vous réussirez à faire de très beaux tableaux, vous habitez le jardin des B. du Rhône, les modèles que la nature a fait ne vous manquerons pas, continuez et bon courage.
Nous avons parlé longuement de vous avec mon épouse au sujet de mon dernier voyage à Arles. Quand je lui écrirais après que j’ai reçu une de vos lettre ça lui fera un grand plaisir. aujourd’hui même je m’en vais la lui communiquer.

Veuillez, Monsieur Vincent , recevoir mes salutations aussi que de celles de ma famille, aussi qu’une caresse de Marcelle qui grâce à vous peut faire un bonjour à mon Portrait soir et matin car il sont suspendus dans l’alcôve où elle couche, il repose en paix sous le regard bienveillant de l’épouse et du Père. Je vous serre affectueusement les deux principales.

votre tous
Roulin.

Courriers Convoyeur
Rue Breteuil n ° 57
Marseille

Le bonjour à Mr votre frère en lui écrivant.
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Lettre de Joseph ROULIN à Vincent du 19 août 1889

Marseille, le 19 août 1889
Monsieur et cher ami Vincent.
J’ai reçu votre lettre avec un grand plaisir, surtous d’apprendre que votre santé va bien. Continuez à vous bien soigner, suivez les conseils de votre bon Docteur et vous verrez votre rétablissement complet à la satisfaction de vos parents et de vos amis.
Je suis très content que votre frère se trouve très heureux dans le ménage, il semble être si bon que s’il a pris une épouse suivante lui, il doit se trouver heureux. présentez lui mes amitiés ainsi que de celle de ma famille quand…
…vous lui écrivez. nous sommes très charmés de l’accueil qu’il a fait à nos Portraits, tant pour l’amitié qu’il présente pour moi et ma famille que pour la louange qu’il fait de votre travail. Recevez nos sincères félicitations.
Dans votre lettre vous croyez que je suis en famille, malheureusement non, j’en ai encore pour un mois et demi, je n’ai loué mon appartement que pour la St Michel, ma famille ne pourra venir que dans la première dizaine d’octobre. Augustine et Marcelle sont venus rester quinze jours à Marseille, parce que moi je ne pouvais aller les voir. Augustine et Marcelle se portent bien. Marcelle est toujours…
…que plus belle, elle marche toute seule, elle parle comme un petit perroquet. je puis vous dire que j’ai passé quinze jours agréables avec eux. une petite qui n’est pas sauvage, qui va avec tous le monde. si vous l’aviez vu admirer les tableaux, si tôt qu’elle voyait un tableau dans les maisons, dans la rue, elle lui parlait.
Je n’aurais vos tableaux, nos portraits, que quand j’aurais la famille. Ne craignez pas que je fasse faire quelque chose à vos tableaux car je respecte trop le talent de l’artiste, et la parole donnée vous savez que c’est sacré pour moi. Espérons qu’un jour nous pourrons encore nous voir et cimenter de nouveau notre amitié. quand la famille sera à Marseille. J’espère qu’un jour…
vous nous honorerez de votre visite. Je suis très content des démarches qu’a fait l’ami Gauguin à votre frère pour vous faire participer à leur exposition, c’est très bien de sa part. je vous félicite de vos résolutions de ne vouloir rien exposer sans que vous soyez à Paris. D’ici là, en y joignant tous ce que vous faites à St Rémy, vous pourrez faire une esposition tout seul.
Ne vous découragez pas, travaillez dans ces beaux champs, profitez du modèle que la nature vous fournit, avec le travail, la santé reviendra.
Recevez cher Monsieur Vincent mes sincères salutations ainssi que de celles de mon épouse et de mes enfants. Marcelle vous envoie un gros baiser.
Je vous serre les deux mains.
votre tous
Roulin
Courrier Convoyeur
Rue Breteuil N° 57
quand vous aurez le temp de m’honorer d’une lettre vous me ferez toujour un grand plaisir.

Lettre de Joseph ROULIN à Vincent du 24 octobre 1889

Marseille, le 24 octobre 1889
Monsieur et cher ami Vincent
Excusez-moi, si je n’ai pas répondu immédiatement au moment où j’ai reçu votre lettre; j’attendais la famille. La première semaine d’octobre ils sont arrivés en très bonne santé, Marcelle est toujours que plus belle, elle appelle tout le monde par leurs noms, enfin c’est un petit perroquet, elle fait la joie de la maison, enfin à force de patience je suis arrivé d’être en famille. Cette absence, je l’ai trouvé bien longue, heureusement que j’ai passé mon été malgré les grandes chaleurs en très bonne santé.
Mon épouse a été très contente de trouver en arrivant votre aimable lettre, d’apprendre…
…par elle que vous êtes en bonne santé.
Dans votre lettre vous me dites que vous avez beaucoup travaillé, que vous avez douze toiles de préparés, j’espère que vous les achèverez en bonne santé et que ces malheureuses crises ne se renouvelleront plus ; je suis satisfait que vous soyez en correspondance avec votre frère et que la chose est presque décidée de votre retour à Paris, j’en suis charmé.
j’ai comme vous le coeur bien gros de vous voir éloigner de nous ; j’espère qu’un jour encore, nous aurons le bonheur de nous serrer la main et de nous dire de vive voix de si bonnes choses et de cimenter de nouveau notre amitié ; j’ai confiance et je suis plein d’espoir de vous revoir un jour, je vous vois rapprocher de votre frère avec plaisir. quand vous vous serez un peu réconforté auprès de lui et de son épouse, je crois que cela vous fera énormément du bien pour votre santé. je crois que si vous allez vous installer dans les environs de Paris vous reprendrez… 
…palette et vos pinceaux avec beaucoup plus de force et de temps en temps vous pourrez reprendre des forces nouvelles dont vous avez tant besoin, si vous écrivez à votre frère dites-lui bien des choses de moi ainsi que de ma famille.
Je ne suis plus été à Arles et je ne sais pas quand je pourrais y aller, je vois souvent des Arlésiens qui me donnent des nouvelles de Ginoux, l’on m’a dit que tout le monde allait bien.
Toute ma famille se joint à moi pour vous faire bien des compliments, nous avons ma belle-mère avec nous, Marcelle vous envoie un gros baiser ainsi que Camille qui me sert de secrétaire.
Armand est retourné faire le forgeron à Lambesc.
Veuillez recevoir mon cher M. Vincent les sincères salutations de toute ma famille ainsi de celui qui se dit votre tout dévoué ami.
Je vous serre amicalement la main.
Courrier Convoyeur Roulin
Rue Nicolas n ° 46
au troisième étage
Marseille.
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