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Le Royaume de Westphalie 1807 à 1813

Un État modèle au cœur de l’Allemagne

À Tilsitt, en 1807, Napoléon et Alexandre Ier de Russie signent un traité qui entérine une nouvelle carte de l’Europe, redessinée par l’empereur français à l’apogée de sa puissance (il a vaincu l’Autriche, la Prusse, la Russie et domine le continent). Un royaume, la Westphalie, est fondé en plein cœur de l’ancien Saint Empire romain germanique. Napoléon place à sa tête son plus jeune frère, Jérôme (1784-1860). Ce dernier s’installe à Kassel, l’ancienne résidence électorale de Hesse.
Avec cette nouvelle puissance régionale, l’Empereur veut créer un royaume, aux marches de son empire, servant de tampon entre la France et la Prusse. Il veut aussi en faire un État modèle pour ses voisins ; ainsi, en novembre 1807, Jérôme reçoit des mains de Napoléon une constitution pour son royaume, la première écrite des pays germaniques. L’Empereur lui rappelle alors les buts de sa politique :
« Mon Frère, vous trouverez ci-joint la Constitution de votre royaume […].
Ce que désirent avec impatience les peuples d’Allemagne, c’est que les individus qui ne sont point nobles et qui ont des talents aient un égal droit à votre considération et aux emplois ; c’est que toute espèce de servage et de liens intermédiaires entre le souverain et la dernière classe du peuple soit entièrement abolie.
Les bienfaits du Code Napoléon, la publicité des procédures, l’établissement des jurys, seront autant de caractères distincts de votre monarchie. […]
Il faut que vos peuples jouissent d’une liberté, d’une égalité, d’un bien-être inconnus aux peuples de la Germanie. […]
Soyez roi constitutionnel. Quand la Raison et les Lumières de votre siècle ne suffiraient pas, dans votre position la bonne politique vous l’ordonnerait. Vous vous trouverez avoir une force d’opinion et un ascendant naturel sur vos voisins qui sont rois absolus. »

Durant tout le règne de Jérôme, des prestations de serment au drapeau et au roi furent organisées à Kassel, devant l’orangerie (premier lieu de réunion des États westphaliens). Elles étaient destinées à insuffler un sentiment d’identité nationale dans un pays créé ex nihilo.

La Westphalie était certes une monarchie constitutionnelle, mais l’essentiel du pouvoir restait entre les mains du roi. Comme le royaume faisait partie de la confédération du Rhin, son armée était surtout destinée à renforcer la Grande Armée commandée par Napoléon.
Le royaume constituait donc un État satellite de l’Empire français et s’effondra dès la défaite de Napoléon à Leipzig en 1813.

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