Table des matières
Henri GIGNOUX et Jeanne IDRIL
Avant le mariage de Henri GIGNOUX
Henri GIGNOUX est né le 20 janvier 1858 à Genève. Ses parents sont Michel GIGNOUX de Chêne Thonex dans le Genevois. Il est marchand de comestibles, de volailles et Etiennette CHAVAZ de Compesières également dans la région Genevoise.Tous deux sont de religion catholique. Henri a dû passer sa jeunesse à Genève puis travailler pour l’entreprise de son père en tant que représentant de commerce comme ses deux frères aînés, Antoine dit Edouard et André Gustave. Mais le commerce de comestibles induit la conservation de ces produits avant la vente. Henri va créer deux commerces de glace à rafraichir pour cette conservation : un à Lyon et un à Marseille pour les produits exotiques. Commerces qu’il revend en 1887 aux Glacières de Paris. Puis, il s’associe avec un certain Francisque LAFOREST de Lyon et crée le 11 novembre 1887 une compagnie pour l’exploitation des établissements dits « Glacières des Alpes » dont le siège est à Lyon au 72 cours Gambetta. Un des établissements est à La Roche des Arnauds car la commune demande, en 1888, une subvention au Conseil général des Hautes Alpes pour la construction d’une gare de marchandise dont la société des Glacières finance les 3/5ème du projet.
Le Petit Marseillais du 18 juin 1887 (Rétronews)
Les Alpes démocratiques du 13 avril 1888 (Archives des Hautes Alpes)
Alpes démocratiques du 15 juin 1889 (Archives des Hautes Alpes)
La famille de Jeanne Marguerite Alphonsine IDRIL
Jeanne IDRIL est née à Lyon le 1er avril 1862. C’est sa mère, Charlotte PONCET, couturière, qui la déclare de père inconnu. Le père, Salomon IDRIL, attendra la naissance du 3ème enfant pour se marier avec la mère de ses enfants à Paris. Puis, la famille s’installe à Lyon et ensuite à Marseille. Le grand-père paternel, Lévy IDRIL de Jeanne est né à Koenigsberg en Prusse (aujourd’hui Kaliningrad en Russie, enclave Russe sur la mer Baltique) deux mois après la prise de la ville par Napoléon. La famille de Lévy, probablement d’origine juive, a fuit la Prusse et s’est posée à Lyon pour embrasser le métier de marchand brodeur.
Un des deux frères de Jeanne, représentant de commerce de son père à Alger, est père hors mariage d’une fille Marie Marguerite IDRIL. Celle-ci sera recueillie par sa tante dès l’âge de 4 ans. Elle est mentionnée à partir du recensement de la famille de Jeanne de 1906 à 1921.
La famille créée par Henri GIGNOUX et Jeanne IDRIL
Henri et Jeanne se sont probablement rencontrés à Lyon où Henri négociant cotoyait Salomon IDRIL, négociant, le père de Jeanne. Ils se marient pourtant à Marseille, où habitent Jeanne et ses parents, le 9 juillet 1889. Leurs enfants :
- Edouard Charles né le 3 avril 1891 à Nice. Appelé à la première guerre mondiale, il est tué à l’ennemi à Lihans dans la Somme, le 18 décembre 1914.
- Georges Emile Antoine né le 1er juillet 1894 à Marseille. Il se marie le 12 novembre 1921 à Aspres sur Buech avec Elisabeth MALATERRE, la fille de l’hôtelier de la commune.. Il décède le 28 novembre à Vitrolles.
- Charles Henry né le 12 juin 1898 à Marseille. Il se marie le 15 juillet 1924 à Aspres sur Buech avec Jeanne DUMAS. Veuf, il se remarie en avril 1930 à Marseille avec Lucienne BARTHELEMY. Il décède le 17 février 1962 à Annecy (74).
Actes d’état civil de la famille
Recensements de la famille de 1891 à 1931
Dossier de la Légion d’Honneur de Henri GIGNOUX et dossier militaire de son fils Edouard Charles
Le Petit Marseillais du 6 mars 1915 (Rétronews)
Hôtel MALATERRE, Aspres sur Buech
L'activité professionnelle de Henri GIGNOUX
Au début du mariage, Henri est déjà à la tête de plusieurs glacières (Saint Julien en Beauchêne, La Roche des Arnauds, Aspres sur Buëch et Lus La Croix Haute), mais voyage auprès des gros clients à Nice, Marseille et autres lieux. Il semble travailler comme négociant de concert avec son beau-père Salomon. Ils sont tous deux domiciliés à Nice en 1891 à la naissance du premier enfant de Henri et Jeanne.
Combinant chemin de fer et glace en montagne, Henri installe sa famille à La Roche des Arnauds (05) (ils y sont recensés en 1896 et 1901 au Pont). Les deux enfants suivants naissent à Marseille où résident les parents de Jeanne et où la famille possède une maison (12 boulevard Rivet près du Prado). Henri GIGNOUX est considéré comme un industriel marseillais dans les Hautes Alpes.
Puis Henri GIGNOUX installe la famille à Aspres sur Buëch. Tout en habitant au plus prêt de la production, il a une vie mondaine à Gap (en 1906, la famille est recensée à la fois à Aspres sur Buëch au quartier de la gare et à Gap, place de la gare). En 1903, il crée une usine d’éclairage et d’énergie électrique à Aspres sur Buëch.
Le Réveil des Alpes du 6 février 1896 (Archives des Hautes Alpes)
Le Réveil des Alpes du 15 octobre 1903 (Archives des hautes Alpes)
Il est membre de plusieurs sociétés de secours mutuels : la Libérale d’Aspres sur Buech, les pompiers de la Roche des arnauds, la société de secours mutuels de Veynes. Il s’illustre dans les Hautes-Alpes comme industriel et bienfaiteur local. Son engagement social et son rôle dans le développement économique régional lui valent d’être proposé pour la Légion d’honneur par le ministère des affaires étrangères étant suisse.
Henri GIGNOUX fut un acteur économique et social de premier plan dans les Hautes-Alpes, reconnu pour son engagement envers le développement industriel et le bien-être collectif. Il a notamment participé activement à la naissance de l’industrie frigorifique. Il a su conjuguer réussite entrepreneuriale et engagement associatif, ce qui lui valut une grande estime locale et des distinctions nationales.
Henri GIGNOUX s’éteint le 16 novembre 1931 à Marseille à l’hôpital de la Timone (il est alors domicilié 4 boulevard Beaurivage dans le quartier de Montredon). Jeanne IDRIL décède le 9 avril 1939 à Aspres sur Buëch.
Le Réveil des Alpes du 15 juin 1905 (Archives des Hautes Alpes) – Le café de la gare à Gap
L’Avenir de l’Embrunais du 27 février 1908 (Archives des Hautes Alpes)
Le Réveil des Alpes du 18 décembre 1907 (Archives des hautes alpes)
Le Petit Marseillais du 27 juillet 1908 (Rétronews)
Le Réveil des Alpes du 11 avril 1908 (Archives des Hautes Alpes)
Sources
- « Henri Gignoux : une stratégie spatiale originale d’un industriel du XIXe siècle dans les Alpes du sud » de Laurent PECH et Pierre PECH – Revue de géographie historique – Open Édition.
- « Les Glacières Générales des Alpes » du site Ubaye en cartes.
- « Un peu d’histoire sur les glacières de la Roche des Arnauds ! » du site LE PARC DES SERIGONS.
« Henri Gignoux. Capitaine d’industrie » de Pierre Pech et Michel Mouttet – téléchargeable en PDF sur le site researchgate.net.