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CALLIGÉ GIGNOUX

  • Cet article a été édité dans  « Pers-Jussy Autrefois – Aujourd’hui » – Bulletin de liaison des Amis de Pers-Jussy – Juillet à décembre 2020 – n°96 – Autrices : Véronique Khlifi, Solange Chassot avec la participation de Simon Tissot – Le texte est reproduit in extenso, les images ont été tirées de Wikipédia et des archives du canton de Vaud.

Victorine Gignoux nourrice d'un prince

Pour cet article, nous restons au hameau de Chevrier et nous découvrons les rencontres surprenantes de Victorine Gignoux, la grand-mère maternelle d’Eugène Tissot dont nous avions parlé dans notre bulletin précédent.

La famille de Victorine

Victorine, née à Pers-Jussy le 9 mars 1844 est la fille de Jean Gignoux et de Jeannette Chambet, cultivateurs installés à Chevrier. Elle est l’aînée d’une grande fratrie de 9 enfants. Elle se marie le 10 janvier 1866 en Mairie de Pers-Jussy avec François Calligé. Il tient le cabaret « au Bouchon » à Chevrier.
Ils auront 5 enfants tous nés à Pers-Jussy :

  • Louis né le 10 août 1866
  • Marie née le 6 septembre 1868
  • Françoise née le 13 mars 1870
  • Andréanne née le 15 avril 1872
  • Pierrette née le 8 mars 1874

C’est en 1870 que Victorine se décide d’amener sa contribution financière au foyer familial, suite à la naissance de sa fille Françoise.

Recherche de mères nourricières en Suisse

Des familles aisées, alors installées en Suisse recherchent des mères nourricières, car il est fréquent alors, que les femmes issues de la bourgeoisie ou de la noblesse refusent de se soumettre à allaiter leur enfant, acte jugé ingrat à l’époque. Ainsi, on recherche des nourrices dites « sur lieu « , au domicile des parents. Des bureaux de recrutement se créent à la recherche de l’employée idéale. La nourrice, alors bien habillée et choyée représente un signe extérieur de richesse pour ses patrons.

Victorine mère nourricière du prince James futur prétendant aux trônes de France et d'Espagne

Victorine, alors mère de trois enfants, sacrifie sa vie de famille pour aller nourrir de son lait maternel le futur enfant du prince Charles de Bourbon (Don Carlos) et de sa première femme Marguerite de Bourbon-Parme.

Victorine rejoint la famille en exil qui vit au domaine de La Faraz à La Tour-de-Peilz près de Vevey dans le canton de Vaud en Suisse. Elle y arrive 1 mois et 4 jours avant la naissance. Jaime le garçon tant attendu naît le 27 juin 1870. Puis elle suit la famille qui déménage avec ses employés à
Genève à la villa Bocage, propriété prêtée au couple princier. Elle nourrit l’enfant pendant une année en l’entourant de ses soins. Son Altesse Royale Don Carlos reconnaissante lui fait cadeau d’une montre en or pour la première dent de son nourrisson.
Marguerite de Bourbon-Parme donne naissance à une nouvelle petite princesse, Elvire de Bourbon, née le 28 juillet 1871.
La villa Bocage, toujours existante, abrite actuellement un bureau annexe de l’ONU.

Ci-contre Jacques de Bourbon dans les bras de sa mère Marguerite de Bourbon-Parme vers 1870.

Maison de Maître de La Faraz où est né James (La Tour de Peilz près de Vevey – gravure

La construction de cette maison de 4500 m2 débuta en 1844 et se termina en 1852 pour le compte de Monsieur le Baron Henri de Roeder, précepteur d’Alexandre de Prusse. Il résidera en ces lieux jusqu’en 1866 où, il devra rejoindre la ville de Berne en tant qu’ambassadeur de Prusse en Suisse.

Image et texte du photographe Alexis François sur flickr.com

Photographie de la villa « Le Bocage » en 1920 (actuellement située sur la commune de Genève) – La villa a abrité la famille de Bourbon et Victorine

« Le Bocage » est acquis par Jeanne Victoire de Sellon (1777-1849), épouse de Jules-Gaspard Aynard (1769-1837), duc de Clermont-Tonnerre. Après la mort de Jeanne de Sellon, la propriété est louée à de nombreuses familles étrangères. Parmi les résidents notables, on mentionne Charles de Bourbon (1848-1909) réside au Bocage de 1872 à 1873, au moment où éclate la troisième guerre carliste.

Image et texte tirés du site notre histoire suisse

Le père, Don Carlos, prétendant carliste au trône d'Espagne

Don Carlos père de Jaime est prétendant carliste au trône d’Espagne et c’est à partir de la Suisse qu’il mène des activités qui
ont conduit à la 3ème guerre carliste contre les rois d’Espagne Amédée ler de Savoie puis Alphonse XII de Bourbon. Sa présence dans le canton de Vaud et à Genève crée des tensions diplomatiques entre le royaume d’Espagne et la confédération suisse. L’Espagne souhaite que la Confédération Helvétique
expulse Don Carlos.
En 1873, Marguerite de Bourbon et ses trois enfants déménagent à Pau, où naîtront deux autres petites princesses : Béatrix de Bourbon née le 21mars 1874 et Alice de Bourbon  née le 29 juin 1876.

 

 

 

Ci-contre : La famille du duc de Madrid en 1886. De gauche à droite apparaissent Jacques (Jaime), Alice (accroupie), Marguerite de Bourbon-Parme, Charles duc de Madrid, Béatrice, Elvire et Blanche.

Une relation affective entre nourrice et prince

On ne sait pas comment s’organise la vie de Victorine après son rôle de nourrice. De retour à son foyer de Chevrier elle donne naissance à sa fille Andréanne en 1872. Il est probable qu’elle ait fait plusieurs aller-retours entre Chevrier et la Suisse et ait revu Jaime.

Toujours est-il, qu’en grandissant, devenu adulte, Jaime conserve une relation affectueuse avec Victorine, lui envoie des courriers et quelque argent.

Une relation qui durera toute une vie …

Ci-contre : Jacques (Jaime) de Bourbon vers 1885.

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