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Edmond GINOUX de LACOCHE

L'enfance d'Edmond

Edmond de GINOUX est né le 29 juin 1811 à Annecy. Son père, fonctionnaire de l’Enregistrement et des Domaines (Direction du Ministère des finances) est en poste (provisoire) à Annecy. Puis, il est nommé, une nouvelle fois, à Grenoble en 1812.

En 1816, sa mère Maria Grazia BEJUY de LACOCHE hérite de propriétés de son père dans le Var, probablement à Solliès Pont où vivait sa grand-mère paternelle et peut-être au Beausset où ses frères et soeurs sont nés. Elle emmène ses enfants avec elle. Le père Hippolyte César poursuit sa carrière à Grenoble.

Il est nommé à Toulon en 1820. Les enfants sont alors au collège de Toulon.

En 1823, Hypolite est déjà sur un autre poste. Afin que ses fils suivent les meilleures études possible, il les place au Collège de Forcalquier (Alpes de Haute Provence) dirigé par des jésuites, un des meilleurs collège de France à l’époque.

en 1825, Hypolite est nommé à Vesoul. Edmond poursuivra ses études au collège de Vesoul.

En 1828, Hypolite est de retour à Grenoble. Edmond va poursuivre ses études au lycée de Grenoble. Il a donc 18 ans.

Edmond et son service militaire

Edmond essuyant un échec au concours de l’Ecole navale, il a du mal à trouver sa voie.  En 1830, il demande à intégrer l’armée. Il est militaire à Briançon de 1830 à 1832. Puis, au grand désarroi de l’officier qui le commande, il demande à partir comme militaire en Algérie de 1833 à 1835. Il est démobilisé après une épidémie de choléra à laquelle il échappe. Source : “Edmond de GINOUX, Ethnologue en polynésie française dans les années 1840” de Frédéric de la GRANDVILLE, L’Harmattan

Edmond le journaliste

Il se retrouve à Bayonne en 1835 où il entre dans le journalisme. il se retrouve rédacteur en chef de La Sentinelle des Pyrénées, un journal républicain. Les procureurs du Roi Louis Philippe traque les journaux de l’opposition.

Vers 1838, Edmond se rend à Arras où il va travailler pour le Progrès d’Arras, un autre journal républicain. Là encore, le journal est harcelé par la justice.

En 1839, Edmond est à Paris. Il travaille pour le journal républicain le National. Ce journal est très virulent sur la politique de Louis Philippe. Il se séparera du journal en 1843 pour rejoindre l’Océanie.

Edmond le franc-maçon

Lors de son séjour à Arras en tant que journaliste au Progrès d’Arras, il est accueilli par l’ordre du Temple (franc-maçonnerie) et fait Chevalier le 21 février  1840.

Il sera l’un des chevaliers désignés pour porter les insignes de Grand Maître à Sa Majesté Georges IV, roi du Hanovre le 23 juillet 1857.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque Nationale de France
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque Nationale de France

Edmond le voyageur et sa compagne de voyage Adèle de Dombasle

Premier voyage jusqu'à Tahiti en 1843

L'Uranie à Tahiti en 1845

Edmond sollicite une mission scientifique en Océanie auprès du Ministre des Affaires étrangères de l’époque. Un rapport au Roi propose d’accorder un passage gratuit à Edmond pour faire des études de géologie, de zoologie et de botanique. Il embarque à Toulon à bord de la frégate l’Uranie avec le nouveau gouverneur de l’Océanie française, Armand Joseph BRUAT et sa jeune épouse. Après une escale aux îles Marquises le 16 septembre 1843, le gouverneur s’installe à Papeete sur l’île de Tahiti. Il confie à Edmond de GINOUX la création du premier journal de l’Océanie française et le nomme procureur du Roi au tribunal civil et au conseil d’appel.

Durant son séjour, Edmond observe les “naturels” (les natifs des îles) de plusieurs districts et constitue le début d’une collection d’objets océaniens conservés encore aujourd’hui au musée municipal de La Castre à Cannes (Alpes Maritimes).

Le Ministre de la Marine et des Colonies, le Baron Ange René Armand de Mackau,  ayant pris ombrage du journal l’Océanie Française suite à une plainte d’un officier anglais, il demande au gouverneur l’arrêt de sa parution. Edmond décide alors de rentrer en France via Valparaiso le 22 septembre 1845.

Editorial écrit de la main d'Edmond pour le premier numéro de l'Océanie française

Le journal de l’Océanie française déroule des rubriques variées, chaque semaine :

  • les mouvements des navires dans la rade de Tahiti
  • les comptes rendus des combats (la bataille de Mahahena 1844), échauffourées, révoltes, etc.
  • des sujets ayant traits avec les moeurs, coutumes, traditions des îles de l’Océanie
  • un article sur la pomme de terre
  • des feuilletons comme Lysistrata d’Aristophane, l’épisode de la guerre du Péloponèse
  • les noms des chefs des différents districts de Tahiti et Moorea
  • différentes annonces comme les produits fraîchement arrivés dans les différents magasins de Tahiti.
  • les observations météorologiques
Extrait du journal de l'Océanie française conservé à la Bibliothèque nationale de France (gallica.bnf.fr)
Second feuillet d'une lettre du Ministre de la Marine et des Colonies au Gouverneur BRUAT. Dans le premier paragraphe, le Ministre reproche au Gouverneur d'avoir laisser Edmond de GINOUX être le gérant responsable du journal l'Océanie Française tout en utilisant l'imprimerie du Gouverneur (Edmond avait répondu aux attaques du commandant anglais du ketch Le Basilic). Extrait de la lettre conservée aux archives de la Polynésie française.

Second voyage jusqu'à Tahiti en 1847

Edmond est envoyé en mission en Océanie pour la deuxième fois. Il embarque à Bordeaux sur le Gange qui transporte des passagers et également des africains (noir). L’abolition de l’esclavage a pourtant été décrétée en avril de cette même année ! Il embarque sur le même navire que Adèle de DOMBASLE.
Arrivé le 10 septembre 1848, Edmond de Ginoux se fait expulser le 19 septembre par un arrêté de Charles François Lavaud, le nouveau gouverneur. Parce qu’il avait “tenu depuis son arrivée à Tahiti une conduite contraire au bon ordre et à la tranquillité de la colonie”. 
Difficile de croire qu’en une semaine, Edmond avait eu le temps de révolutionner Papeete. Il est clair que le gouverneur, en l’expulsant et en lui interdisant de revenir, réglait un vieux compte (Edmond était journaliste au National qui publiait des articles incendiaires contre Lavaud). Edmond quitta Papeete le 2 octobre et, depuis Valparaiso où il s’installa, il abreuva Paris, ministères et presse, de courriers dénonçant Lavaud, demandant que son honneur soit lavé par une sanction envers le gouverneur rancunier. Un an plus tard, le 10 septembre 1849, il reçut un courrier mettant fin à sa mission. Il dut rentrer, ce qu’il fit par Lima (où il vécut sept mois dans la misère, faute d’avoir reçu son traitement), Panama, la Jamaïque, la Havane et New-York pour arriver en France en 1850.
A Lima, il est mêlé à la constitution d’une  Société franco-péruvienne des mines d’or de la province de Carabaya (Pérou) à la recherche d’investisseurs français, avec le marquis de Villiers de l’Isle-Adam, écrivain et Alcide d’Orbiny, éminent naturaliste (source BEROSE, encyclopédie internationale des histoires de l’anthropologie : Une vie de recherche tient-elle dans un appartement ? L’inventaire après décès d’Alcide d’Orbigny ; auteur Pascal Riviale).
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Visa attribué à Edmond GINOUX pour Valparaiso sur le navire Le Gange le 6 septembre 1847 à Bordeaux (extrait de https://www.visasenbordelais.fr/ et des archives de la Gironde)
Visa attribué à GARREAUX Gabrielle (GARREAUX MATHIEU de DOMBASLE Gabrielle Adélaïde, plus simplement Adèle DOMBASLE) pour la même destination que Edmond GINOUX et le même navire "le Gange" à la même date (extrait de https://www.visasenbordelais.fr/ et des archives de la Gironde).

Adèle de Dombasle, voyageuse, dessinatrice et aïeule d'Arielle Dombasle

Se sont-ils rencontrés sur le navire le Gange ou se sont-ils connus avant et décidés de voyager ensemble ? Il est difficile de déterminer la relation de ces deux aventuriers.

De son vrai nom, Gabrielle Adèlaïde MATHIEU de DOMSBALE est née à Nancy le 17 septembre 1819 d’un père officier d’état major.  Elle se marie civilement à Paris le 12 février 1842 avec Adrien GARREAU et religieusement à Notre Dame Lorette le 17 octobre de la même année (Edmond était lui aussi à Paris, au journal Le National). Adrien GARREAU est un artiste musicien, professeur au conservatoire de Toulouse.

Adèle met au monde 3 enfants :

  • Gabrielle Théléide Berthe GARREAU née en 1842
  • Ferdinand GARREAU-DOMBASLE né en 1843 est l’arrière grand-père d’Arielle DOMBASLE, actrice, chanteuse, réalisatrice, scénariste et meneuse de revue franco-américaine.
  • Georges Armand GARREAU  né en 1845

Puis elle se sépare de son mari (et de ses enfants très jeunes ?) en 1847 et part en voyage en Océanie avec Edmond où, douée pour le dessin, elle décrit la population autochtone et leurs habitations.

Elle vient vivre à Nice comme Edmond, probablement pas avec lui. A la mort d’Edmond, elle rachète sa propriété à Nice.

Elle se marie avec Gustave DARDEL le 4 août 1875 à Nice. Elle est âgée de 56 ans. Ils s’installent dans la propriété d’Edmond (source : archives départementales, bureau des Hypothèques des Alpes maritimes).

Elle décède le le 8 novembre 1901 à Monaco.

Edmond sur la Côte d'Azur

Edmond se retire à Nice en 1850. Il achète une propriété rurale quartier du Carras  en 1857 jardin, terres arables et maison dans laquelle il entreprend de faire l’inventaire des objets ethniques collectés lors de ses deux voyages. Il transforme la maison où il vit seul en véritable musée (500 objets de collection).

Atteint de paralysie suite à une attaque cérébrale en 1866, sa santé décline. Il s’installe dans un établissement spécialisé dans l’accueil des hommes âgés , infirmes et pauvres de la Fondation Saint Jean de Dieu (devenu l’EHPAD Saint Barthélémy) à Marseille. Il revend des parties du terrain de Nice. Il décède à l’âge de 59 ans dans l’établissement le 27 juillet 1870.

Adèle de DOMBASLE, suite au décès d’Edmond décide de racheter ce qui reste de la propriété dont la maison (avec les collections). Elle y demeurera avec son nouveau mari Gustave DARDEL et rachètera du terrain vendu par Edmond.

Adèle de DOMBASLE vendra les collections à un riche baron hollandais Tinco Martinus Lycklama A Nijeholt, richissime Cannois d’adoption. Celui-ci en fera don le 31 décembre 1877 à la ville de Cannes. Cette collection est aujourd’hui au musée de la Castre, château du Suquet à Cannes. Il ne reste que 150 objets sur les 500 collectionnés par Edmond.

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