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Auguste de FORBIN

Auguste de FORBIN est né le 19 août 1777 au château de La Roque d’Anthéron (Bouches du Rhône). Ses parents sont François Anne Gaspard Palamède de FORBIN LA BARBEN et Françoise Marthe de MILAN FORBIN.

Passionné par la peinture, il est élève de Jean Antoine CONSTANTIN, alors directeur de l’école de dessin d’Aix en Provence. Il se lie d’amitié avec un autre élève, François Marius GRANET

En 1793, après une insurrection à Aix en Provence, il est réfugié à Lyon, rue de la Charité, avec son père et son oncle . Il est témoin des décès de son père et de son oncle guillotinés place des Terreaux. Il est recueilli par Jean Jacques de BOISSIEU, dessinateur, graveur et peintre qui a un fils du même âge.

Puis, il rejoint Paris en 1796 et fait venir son ami GRANET. Ils sont élèves de Jacques Louis DAVID.

Ci-contre portrait d’Auguste de FORBIN d’après Paulin Guérin gravé par Jacques Marie Noël Frémy.

de-Boissieu Vue générale de Lyon depuis le quai des Antonins – 1785

Auguste de FORBIN et Mélanie de DORTAN

Ils se sont mariés le 28 juin 1799 à Matour (Saône et Loire). Mélanie Rosalie Félicité de DORTAN est née le 6 mars 1776 à Traveron (Meuse). Elle est la fille du comte Charles de DORTAN, lieutenant colonel de cavalerie et de Thérèse de DAMAS, elle même fille d’un mousquetaire du roi, marquis de DAMAS, seigneur de Dompierre, de Tramayes et d’Audour. Ils auront ensemble deux filles. Auguste sera en voyage d’affaires lors de la naissance de la cadette (probablement avec Pauline BONAPARTE, sa maîtresse). Leurs deux filles :

  • Marthe Constance Rosaline  Lydia de FORBIN, née le 4 mai 1800 au château d’Audour (Dompierre les Ormes). Elle se marie le 28 mai 1823 à Émeringes (69) avec Ange Paul de PINELLI dit Alexandre, garde d’honneur de l’empereur. Leur fils, né deux mois après leur mariage, Auguste de PINELLI sera un peintre connu. Leur fille sera l’arrière grand-mère de Louise de VILMORIN. Veuve, elle se remarie le 10 juillet 1843 à Émeringes avec Claude JACQUAND, peintre d’histoire et chevalier de la Légion d’Honneur. Elle décède le 29 décembre 1863 127 rue du faubourg Saint Honoré à Paris 8ème.
  • Thérèse Joséphine Céline de FORBIN, née le 28 décembre 1804 à l’hospice de la Charité à Lyon, division du midi près du domicile de ses parents, 68 place Le Viste. Son père est absent. Elle se marie le 31 mai 1824 à Paris 1er avec Lodoïs de MARTIN de TYRAC, vicomte de Marcellus,  diplomate, voyageur et helléniste français.. Elle décède le 25 janvier 1886 au château d’Audour à Dompierre les Ormes.

Portrait de Marie-Louis-Jean-Charles-André de Martin de Tyrac par Ingres, Jean-Auguste-Dominique (Le Louvre)

Thérèse Joséphine Céline de Forbin, épouse de MARTIN de Tyrac par Ingres Jean-Auguste-Dominique

Le couple habite 68, place Le Viste (près de la place Bellecour) à Lyon lors de la naissance de leur fille Thérèse, en 1804. Il est à Émeringes (Rhône) lors du mariage de Marthe avec de PINELLI en 1823. Il est 19, rue Mont Thabor à Paris 1er lors du mariage de Thérèse en 1824.

Mélanie de DORTAN décède le 5 juillet 1825 dans un hôtel 2 place de la Charité à Lyon à l’âge de 50 ans.

Actes d’état civil de la famille FORBIN DORTAN

Auguste de FORBIN et Pauline BONAPARTE

Journal de l’Empire du 5 octobre 1806

Extrait des Mémoires d’Outretombe de Chateaubriand tome deuxième 1849

Auguste de FORBIN militaire

En 1799, compris dans la seconde levée de la conscription, M. de Forbin fut incorporé dans le 21° régiment de chasseurs à cheval. Deux ans après, il passa dans le 9° régiment de dragons, et interrompit alors une première fois sa carrière militaire, pour se livrer tout entier à la peinture qu’il alla étudier en Italie.

En 1803, il rentra activement dans l’armée. Attaché alors à l’état-major du maréchal duc d’Abrantes, il fit la première campagne de Portugal, où il reçut la croix de la Légion d’Honneur pour une action d’éclat ; il servit ensuite sous les ordres du maréchal duc d’Istrie pendant la campagne d’Autriche terminée par la paix de Schoenbrunn. A cette époque, dégoûté de la cour, il donna sa démission de chambellan de la princesse Pailne Borghèse, et se rendit une seconde fois en Italie ou il se livra exclusivement à sa passion pour les arts.

L’Indépendant du 31 juillet 1819

Portrait de Louis Nicolas Philippe Auguste comte de Forbin – 1813 – par Boilly, Julien Léopold (Le Louvre)

Auguste de FORBIN peintre

Vue de Jérusalem 1818 – de Auguste de FORBIN (Le Louvre)

Vue intérieure du cloître Saint-Sauveur à Aix-en-Provence – 1829 de Forbin de, Auguste, Louis, Nicolas, Philippe (Le Louvre)

Auguste de FORBIN directeur des musées nationaux (1816)

Journal de Paris du 19 juin 1816

Annonce de l’ouverture de la grande galerie du Musée royal – Journal de Paris du 5 janvier 1817

Dès sa prise de fonction, le comte de Forbin développe les collections de peintures et stimule les talents. Au moment de la réouverture de la galerie des antiques, en 1816, on allège les présentations pour pallier le manque de pièces.

L’année suivante, les quelques oeuvres égyptiennes provenant des saisies révolutionnaires et d’achats faits auprès des princes Albani et Borghèse se trouvent rassemblées au rez-de-chaussée sud de la Cour carrée, dans la salle d’Isis. Forbin réalise parallèlement un certain nombre d’acquisitions d’antiques en France, auprès de villes ou de particuliers. La démarche s’annonçant cependant insuffisante pour un lieu appelé à devenir un centre d’études et d’émulation dans l’idéal de l’Europe savante, le nouveau directeur général du musée va entreprendre différents voyages en quête d’antiques ; le premier le conduira vers le Levant.

Lettre avec la signature du comte de FORBIN – 1835

Le voyage dans le Levant (1817-1818)

La presse de l’époque suit pas à pas le voyage d’Auguste de FORBIN. Revue de presse pour le voyage dans le Levant :

Dans la revue La Minerve du 1er mai 1819 (Gallica), un rédacteur commente des extraits de l’ouvrage d’Auguste de FORBIN, « le voyage dans le Levant ». Vous trouverez ci-après les textes choisis.

Athènes

Ces jours de gloire, dit M. de Forbin en parlant d’Athènes, ces grands débats, ces cruelles proscriptions, toutes les passions, filles de la liberté, sont devenues muettes comme les cendres et les ruines qui m’entouraient.

Le réveil de l’homme est triste. Quand je sortais de mes longues rêveries, je ne voyais plus autour de moi que d’immenses décombres, des plaines stériles, une mer déserte; je n’entendais que des plaintes ou les cris du Disdar aga, gouverneur du château, qui maltraitait ses esclaves.

Le climat d’Athènes est admirable, dit encore M. de Forbin, mais cette lumière pure, cette chaleur vivifiante, n’ont plus d’influence sur les Grecs; elles ne leur inspirent plus de pensées fortes et ingénieuses; elles ne voient plus éclore de chefs-d’œuvre: tout languit, et les Grecs naissent pour la souffrance, comme ils naissaient jadis pour la gloire.

La liberté a changé de caractère. Cette idole des Athéniens est devenue de nos jours froide et sévère. Elle repousserait sûrement le culte élégant et l’encens voluptueux des temples d’Épidaure et d’Argos.

Les Grecs, dit M. de Forbin, espèrent l’indépendance comme les Hébreux espèrent le Messie: cependant, ajoute-t-il, et il m’en coûte de le croire, la liberté descendrait en vain sur ce rivage qui fut son plus noble domaine; ce peuple n’entendrait plus sa langue divine, et des caloyers ignorants seraient seuls chargés de la recevoir.

Palestine et Jérusalem

On pénètre, dit le voyageur, dans des vallées profondes: la végétation devient faible, rare; elle cesse enfin tout-à-fait : les pieds ne foulent plus qu’un sol inégal, rougeâtre et ingrat : l’oeil ne découvre au loin que des éboulements immenses, les lits des torrents desséchés et des chemins tortueux couverts de pierres aiguës. Des citernes détruites, au fond desquelles séjourne une eau verdâtre ; des montagnes nues, escarpées; voilà Jérémie, voilà la vallée de Térebinthe ; voilà ce qui prépare l’âme à l’impression forte et terrible de l’apparition de Jérusalem.

Parti bien avant le jour, je voulais visiter Césarée. Cette ville est entièrement déserte, et la conservation de ses remparts, de son port, de ses monuments, inspire un surprise indéfinissable. On y trouve des rues, des places, et en rétablissant les portes de ses hautes et terribles murailles, il serait facile d’habiter et de défendre encore Césarée. Un événement désastreux semble avoir fait périr ou mis en fuite ses nombreux habitants, depuis peu d’années, depuis peu de mois. Les murs de l’église sont empreints de la fumée de l’encens des chrétiens; on retrouve même jusqu’à la chaire illustrée par des évêques savants et courageux. Les tombes sont ouvertes, et des ossements attestent seuls le séjour passé de l’homme au milieu de cette effrayante solitude. Le silence qui règne à Césarée n’est troublé que par le bruit régulier et monotone de la mer. Les vagues s’indignent de rencontrer des obstacles inutiles, d’obéir à ceux qui ne sont plus; elles brisent avec furie, elles couvrent d’écume la jetée et les quais du port. Leurs efforts redoublés ont ébranlé des masses énormes de granit ; la tour du phare s’est entr’ouverte ; l’escalier, les distributions du château restent à découvert, et l’oiseau de proie en fait sa demeure.

Thèbes

Le génie des anciens Egyptiens, dit-il, était spécialement consacré aux tombeaux, tandis que le génie des Grecs sacrifiait aux grâces, à la valeur, à la beauté. Les Egyptiens cachaient leur magnificence dans des souterrains : le granit, le sombre basalte étaient les matériaux qu’ils employaient le plus habituellement. Les Grecs, au contraire, construisaient des temples de marbre blanc, sur des promontoires élevés, ou dans les sites les plus riants.

Des Bédouins plus desséchés, plus noirs que les momies qu’ils vendent, servent de guides dans ces labyrinthes souterrains : leurs familles sont logées dans d’autres tombeaux. La lance de ces fils des Troglodytes est soutenue par le bras d’une caryatide, et ses enfants dorment dans des sarcophages couverts de caractères mystérieux. Tous les sables des environs sont semés de lambeaux de momie, de restes de papyrus, et de bandelettes dorées. Je trouvais ainsi, à chaque pas, de nouveaux témoins de la vanité des choses humaines.

Je voyais cette tribu d’Oulad-Aly trafiquer des restes des morts, et défendre contre les prétentions des autres Arabes le privilège de ce commerce impie.

Près de la, dans la plaine, sont deux colosses placés à côté l’un de l’autre, tous deux assis, le visage tourné vers l’Orient. Je considérais, avec une sorte d’épouvante, ces montagnes taillées par la main de l’homme qui leur imprima son image. L’aurore trouve à présent silencieuse cette statue qui la saluait jadis par des sons harmonieux. Des inscriptions dans toutes les langues rapellent la surprise et la vénération des voyageurs frappés de ce prodige.

Les noms de plusieurs maitres de la terre sont tracés sur les pieds du colosse ; mais les yeux se reposent sur le nom de Germanicus, parce que l’époque de son voyage dans la Haute-Égypte, fut sûrement marquée par des bienfaits. Un obscur baronnet s’est cru obligé de nous instruire de son passage à Thèbes. On vient de tracer péniblement, sur ce granit, à côté du nom de César, celui de ce gentilhomme qui veut que la postérité la plus reculée connaisse jusqu’au quartier de Londres qu’il habita. Ce qui servirait à prouver combien la véritable gloire est modeste, c’est qu’on chercherait vainement sur cette statue le nom de Desaix, ceux de Rapp et de Belliard. Rien ne rappelle le combat de Seidyman et de Benouthal.

Sources

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