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Le croiseur La Provence coulé 1916

La Provence est un paquebot transatlantique français lancé en 1906. Le , il est réquisitionné et converti en croiseur auxiliaire. Il est rebaptisé Provence II, un cuirassé français portant déjà le même nom. Il est armé de 5 canons de 140 mm, 2 de 57 mm et 4 de 47 mm. À partir de janvier 1915, il est utilisé pour le transport de troupes vers les Dardanelles.

Le  au soir, la Provence II part de Toulon pour Salonique avec 1 700 hommes encore inexpérimentés du 3ème régiment d’infanterie coloniale. Un des 1 700 hommes est Armand Raoul PIGNOLY de La Roque d’Anthéron.

La Provence est coulée par une torpille, à 15 heures, le 26 février, à deux milles Sud-Sud-Ouest de Sapienza, dans la mer Ionienne. Le bâtiment a coulé en quinze minutes.

Malgré le dévouement de tous, seuls 7 officiers et 500 hommes environ ont pu être sauvés. Les actes de courage furent nombreux au cours du sinistre : officiers et hommes rivalisent d’ardeur, de dévouement et d’abnégation en organisant le sauvetage.

C’est le sergent-major Canier Alfred, modèle de sang-froid, qui prêche le calme autour de lui et qui, au moment de l’engloutissement, pousse, comme ses aînés les marins du Vengeur, le cri de « Vive la France ! », répété par tous.

Ce sont les soldats Laguet, Louis, et Raden, Alexis, qui se jettent, à trois reprises différentes, à la mer afin d’alléger et de permettre de vider l’embarcation pleine d’eau et qui menaçait de sombrer.

Signalons le capitaine Doby, de la 2ème compagnie, qui fait embarquer lui-même ses hommes dans les canots, refusant, à plusieurs reprises, la place qui lui était offerte et qui ne se jette à la mer, où il a trouvé la mort, qu’au dernier moment.

Mentionnons le nom du lieutenant-colonel Duhalde, commandant le régiment, qui reste sur la passerelle aux côtés du commandant du bateau, qu’il n’a pas voulu quitter et qui est englouti avec lui.

Le drapeau du régiment, qui était à bord, dans la cabine du lieutenant-colonel, n’a pu être sauvé et a disparu dans les flots. Tous, officiers et soldats, ont le regret profond de cette perte. Le drapeau était pour eux non seulement le souvenir de la Patrie qu’ils allaient défendre sur un nouveau front, mais la mémoire des hauts faits d’armes accomplis par les camarades disparus.

Malgré le froid excessif, beaucoup continuent à lutter contre la mort autour de l’endroit où vient de disparaître à jamais le bateau. Nombreuses sont les embarcations, nombreux sont les hommes accrochés à des planches, à des poutres, à des balles de paille, qui luttent contre la mer, complice inconsciente qui achève le crime du pirate boche. La température s’abaisse et beaucoup de nos soldats, qui se croyaient sauvés, sont trahis par leurs forces et succombent, malgré l’inlassable dévouement de leurs compagnons d’infortune.

C’est ainsi que, sur les 22 survivants qui étaient dans le canot de l’adjudant chef Fradin, 16 meurent fous. A la nuit, le sous-marin ennemi, qui ne s’était pas éloigné du lieu du crime, vient éclairer, avec son projecteur, les quelques survivants qui continuent à lutter contre le destin ; il disparaît sans leur porter secours. Ces rescapés sont recueillis dans la journée du lendemain 27; il y en a qui ne sont recueillis que le 28. Divisés en deux groupes qui sont dirigés : 200 environ sur Malte, sous le commandement du capitaine Berthomié ; 300 sur Milo, puis sur Mytilène, sous le commandement du capitaine Marchai. Ces rescapés  se rejoignent à Salonique en mars.

Extrait de l’amicale nationale du 3ème régiment d’infanterie de la marine

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