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La révolution française et les états pontificaux 1790 1800

A la veille de la Révolution, les États pontificaux comptent environ 150.000 habitants, l’est provençal de l’actuel Vaucluse environ 44.000, la principauté d’Orange, 11.000. Si l’agriculture a fait des progrès dus aux initiatives individuelles, le pays ne produit pas toutes les céréales dont il a besoin. La fin du siècle voit le développement de la garance. Au plan industriel, la papeterie et l’imprimerie se sont développées, mais les soieries souffrent de la concurrence de Nîmes et de Lyon. Les difficultés économiques, la lourdeur de l’administration pontificale, créent un terrain propice au développement des idées révolutionnaires.

Le déroulement de la révolution dans cette région

Si la partie provençale du Vaucluse et la principauté d’Orange suivent dès le début le processus révolutionnaire, la situation particulière des Etats pontificaux entraîne un déroulement différent des événements.

Avignon est très vite gagnée aux idées révolutionnaires et se donne, dès mars 1790, une municipalité élue et une garde nationale, expulse le vice-légat et demande la réunion à la France.

Dans le Comtat, malgré la volonté pontificale, on exige la réunion des Etats généraux et on rédige un cahier de doléances. Prenant le nom d’Assemblée représentative, les Etats adoptent les décisions de l’Assemblée nationale française (égalité des impôts, abolition des privilèges) mais restent attachés à l’appartenance pontificale.

Tandis qu’Avignon et les bourgs des bords de la Durance (dont Cavaillon) et du Rhône se regroupent en un Pacte fédératif et constituent en mars 1791 une Assemblée électorale du département de Vaucluse qui organise un premier découpage administratif, le Haut-Comtat, autour de Carpentras, se regroupe en une union de Sainte-Cécile, favorable au pape.

Pour mettre un terme à la lutte armée entre les deux partis, l’Assemblée nationale envoie trois médiateurs qui réussissent à réunir à Bédarrides des délégués de la plupart des communes. Cette assemblée vote la réunion à la France et l’Assemblée nationale décréte enfin la réunion d’Avignon et du Comtat à la France le 14 septembre 1791.

Les décrets du 23 septembre 1791 et 26 mars 1792 adjoignent le district de Vaucluse, avec Avignon pour chef-lieu, au département des Bouches-duRhône et celui de l’Ouvèze, autour de Carpentras, au département de la Drôme.

Pour faire pièce aux fédéralistes marseillais, Avignon étant montagnarde, la Convention crée le 25 juin 1793, le département de Vaucluse regroupant les districts d’Avignon, Apt, Carpentras et Orange.

Le canton de Suze est compris dans le district d’Orange jusqu’en l’an VIII, date à partir de laquelle le canton de Valréas constitue une enclave vauclusienne de la Drôme.

La Terreur dans le nouveau département est assez violente (332 condamnations à mort pour la Commission populaire d’Orange de messidor à thermidor an II, notamment à Bédoin) pour provoquer de violentes réactions royalistes en l’an III, puis en l’an V et l’an VI. Il faut attendre le Consulat pour que l’ordre soit rétabli.

Extrait du GUIDE DES ARCHIVES DE VAUCLUSE par Michel HAYEZ Directeur des Services d’Archives de Vaucluse et Claude-France ROCHAT-HOLLARD Conservateur Avignon ARCHIVES DÉPARTEMENTALES PALAIS DES PAPES 1985

Cavaillon, cité épiscopale du Comtat

C’est dans le contexte décrit ci-dessus que la famille ROUX MICHEL fuit Cavaillon (Comtat) avant son rattachement à la France, pour Cadenet (France), revient à Cavaillon (Vaucluse) en 1799 et finalement s’installe de l’autre côté de la Durance à La Roque d’Anthéron (Bouches du Rhône).

Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Véran de Cavaillon (photo de Jean-Marc ROSIER)

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