Le site de la Communauté des Ginoux

Ancien régime 1640 1690

Retour au contexte historique

Années 1640

Les FABRE et les DEYME ne sont pas encore arrivés à la Roque et demeurent toujours à Lambesc. Une partie des GINOUX, la famille de Jacques GINOUX et Marie SALENC a quitté Lourmarin, gros village vaudois* (assimilés comme protestants). Ils sont nés à Lourmarin de religion Vaudoise probablement baptisés à Mérindol Haut lieu de cette religion. Ils s’installent avec leurs enfants à La Roque vers l’année 1640. Le seigneur de La Roque, Jean-Baptiste de FORBIN (marié à Diane de Simiane) et le curé de l’Abbaye de Silvacane ont encore besoin de paysans pour cultiver leurs terres. Ils acceptent toujours les Vaudois du Lubéron, réputés bons travailleurs. Jean-Baptiste FORBIN, président du Parlement d’Aix est favorable à une meilleure vie des habitants de La Roque pour ses propres intérêts. Au cours de cette période, les habitants procèdent, sous l’autorité de leurs consuls, à un très utile travail de partage des terres et d’élargissement des sentiers.

La paroisse est toujours celle de Silvacane. Les habitants de La Roque sont donc éloignés de leur église. Le seigneur demeure au nord du village dans un petit château dont la chapelle se situe près de l’emplacement de la nef de la future église. Le parc du château existe depuis 1620 après destruction du moulin utilisé par les habitants, destruction qui les a beaucoup contrarié.

Les Vaudois de La Roque, eux, dépendent du temple de Lourmarin.

Au niveau national et pour mettre un terme aux guerres de religion, c’est l’édit de Nantes signé par Henri IV en 1598 qui régit le protestantisme. Les protestants sont des sujets identiques aux autres mais ils doivent respecter les exigences catholiques (règles sur le mariage, payer la dîme, respecter les fêtes religieuses catholiques, etc.).

Années 1650

Le seigneur de La Roque est maintenant le fils de Jean-Baptiste de FORBIN, Melchior. Il devient Marquis de La Roque. Il est marié à Françoise Armande d’Oraison. Il est très catholique. Pour les habitants de La Roque, il fait venir des Pénitents blancs. Ils construisent la chapelle Saint Joseph proche de celle du château.

Dans cette période, les interdictions faites aux protestants se multiplient. Les pasteurs ne doivent pas exercer dans les villes épiscopales et les seigneuries ecclésiastiques. Ils doivent prêcher uniquement dans les temples et enterrer les morts en dehors des cimetières catholiques.

Années 1660

Louis XIV est consacré Roi. Roi très catholique, il va donner l’ordre de pourchasser les protestants (de la Religion Prétendue Réformée) trop nombreux dans le Royaume, présence insupportable pour les hauts dirigeants catholiques. Le Roi va augmenter les brimades et augmenter le harcèlement des protestants.

En Provence, un arrêt ordonne la démolition des temples de Lourmarin, Cabrières d’Aigues et son annexe de la Motte d’Aigues est détruit. A La Roque, il est interdit d’exercer cette religion. Le Saint patron de La Roque est choisi en 1664 : Saint Louis.

Années 1670

L’Etat français va utiliser la loi et l’argent pour convaincre les Vaudois d’abjurer. Il faut empêcher que cette religion se développe et même il faut faire en sorte qu’elle s’étouffe.

A la Roque, cohabitent en 1676, 450 catholiques et 500 protestants dont nos familles GINOUX.

Années 1680

L’armée composée de nombreux dragons circule en Provence. Elle se fait héberger dans des villages les habitants ont l’obligation du logement des gens de guerre). Cela s’appelle des dragonnades. Les soldats commettent des exactions (ils volent, confisquent…). Les habitants en ont peur et ne souhaitent pas héberger ces dragons. Le pouvoir mise sur cette peur pour faire abjurer les Vaudois.

A La Roque, avant l’arrivée de la troupe, de 400 à 500 Vaudois (soit à peu près la moitié de la population) abjurent le 20 octobre 1685 à Silvacane devant Melchior de FORBIN et le grand vicaire DUCHENE.

Tout savoir sur les VAUDOIS

Bibliographie

APPY Bernard – De père en fils une famille protestante du Lubéron 1598-1685 – éditions Ampelos 2007

Historien et généalogiste, Bernard Appy nous livre le résultat de ses recherches concernant ses ancêtres à Lacoste dans le Lubéron. A cette époque les Ginoux étaient à Lourmarin.

APPY Bernard – Les protestants de lourmarin Eglise et communauté de 1560 à 1685 – éditions Ampelos 2012

Résultats d’une étude sur les baptistaires de Lourmarin où l’on voit un peu de nos ancêtres.

APPY Françoise – Forcez- les d’entrer Abjurations des protestants de Basse Provence 1661-1685 – éditions Ampelos 2008

Mémoire de Maîtrise soutenu à Aix en Provence en octobre 1993. Où l’on voit nos ancêtres abjurer leur religion de force. Deux tomes. Le second dresse la liste des abjurants. Vous reconnaitrez nos ancêtres abjurant à Silvacane.

AUDISIO Gabriel – Migrants vaudois, Dauphiné, Piémont, Provence (1460-1560) – Claudiana Torino 2011 éditions Olivetan

A partir d’archives de l’époque, le professeur Audisio de l’Université de Provence nous dévoile le fruit de ses recherches sur les vaudois du Luberon dont les Ginoux.

LECONTE Hubert – La croix des humiliés – Millepertuis-création 1990

LECONTE Hubert – Les larmes du Lubéron – Millepertuis-création 1992

LECONTE Hubert – Le glaive et l’évangile – Millepertuis-création 1995  site personnel de Hubert

Un roman historique en trois tomes de 1515 à 1578 dans les vallées vaudoises du Piémont et dans le Lubéron et particulièrement à Lourmarin. Les massacres de nos ancêtres sont crûment décrits.

GENEPROVENCE – Jean Maynier d’Oppède

Le site Généprovence présente une biographie de ce triste personnage qui dirigea un des plus grands massacres de vaudois notamment à Lourmarin en 1545 où vivaient les Ginoux.

PEZET Maurice – L’épopée des vaudois (Dauphiné, Provence, Languedoc, Piémont, Suisse) 1985 – Editions Fernand Lanore François Sorlot Editeur

Histoire de la propagation de la foi vaudoise en europe.